Un Néo-Brunswickois condamné à la prison à vie pour un féminicide extrêmement violent

Roger Hilyard Crossman est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 24 ans pour avoir tué et démembré son épouse en 2023 à Sackville. La peine risque toutefois d’être beaucoup plus courte, puisqu’il est mourant.
Cet ancien agent correctionnel de 65 ans a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré de Marlene Crossman, à la fin septembre, moins d’un mois avant le début de son procès. Il a aussi plaidé coupable d’indignité envers un cadavre humain ou des restes humains.

Marlene Crossman a été tuée par son mari en 2023 à Sackville, après des années d'abus et de menaces. Cette photo a été publiée sur Facebook par son employeur, peu après sa mort tragique.
Photo : Source: Facebook
Il devait comparaître devant la juge Maya Hamou, de la Cour du Banc du Roi, lundi matin à Moncton, pour connaître sa peine. Les choses ont toutefois pris une tournure très inusitée en raison de son état de santé.
L’avocat de la défense, Martin Siscoe, a avisé le tribunal que Roger Crossman est atteint d’un cancer de stade 4, qu’il a décidé de ne pas subir de traitements et qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre.
Il a indiqué qu’il reçoit cinq injections de dilaudid – un puissant opioïde – par jour afin de l’aider à gérer la douleur et qu’il compte demander l’aide médicale à mourir.
La juge Hamou a décidé que l’audience allait tout de même avoir lieu. On ne peut pas choisir de ne pas participer à son audience de détermination de la peine
, a-t-elle affirmé avant de décréter une pause pour permettre à Martin Simcoe de se rendre auprès de son client.
Le meurtrier comparaît de son lit d’hôpital
Environ une heure plus tard, Roger Crossman a comparu par vidéoconférence de sa chambre d’hôpital. Il était alité, avait le torse torse nu et fermait régulièrement les yeux pendant de longs moments. Son avocat était debout à côté du lit.

Roger Crossman a tué son épouse en octobre 2023 à Sackville. Il a comparu par vidéoconférence de son lit d'hôpital, le 2 novembre 2026.
Photo : Andrew Robson
Quatre proches de Marlene Crossman ont pris la parole pour parler de l’impact qu’a eu le meurtre. L’un de ses fils a dit comment elle était la personne la plus importante dans sa vie et que sa mort l’a profondément bouleversé.
Roger Crossman a eu l’occasion de prendre la parole, mais est demeuré silencieux. Il a aussi donné la directive à son avocat de ne pas présenter d’arguments.
La Couronne a pour sa part recommandé que Roger Crossman soit condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant d’avoir passé de 20 à 24 ans derrière les barreaux.
La procureure Martine Cormier a affirmé que les crimes commis par ce meurtrier sont empreints d’une brutalité sadique et flagrante
.
AVERTISSEMENT : Cet article contient des descriptions troublantes de crimes sexuels d'une violence extrême.
Un meurtre brutal et particulièrement troublant
D’après les faits reconnus par les deux parties, Roger Crossman était un mari abusif qui insultait régulièrement son épouse. Il allait jusqu’à la menacer de la tuer.
Deux ou trois ans avant sa mort, Marlene Crossman a parlé à l’un de ses fils de la possibilité de quitter son mari. Elle lui a toutefois dit qu’elle était certaine qu’il la retrouverait et qu’il la tuerait si elle passait de la parole aux actes.
En 2022 ou au début de 2023, elle a dit à l’une de ses meilleures amies qu’elle était terrifiée.
Je te le dis tout de suite; quand ils trouveront mon corps, je veux que tu dises à tout le monde que c’est Roger qui l’a fait, parce que ça va arriver
, lui a-t-elle dit.

Maya Hamou a noté que Roger Crossman a démontré un mépris total pour la dignité et l'intégrité sexuelle de son épouse.
Photo : Andrew Robson
Elle n’avait pas tort. Le 12 octobre 2023, Roger Crossman a poignardé son épouse à trois reprises avant de la démembrer. Des éléments de preuve retrouvés par les enquêteurs dans leur domicile portent à croire qu’il l’a tuée alors qu’elle était nue dans la douche.
Lorsque les policiers sont arrivés sur place, ils sont tombés sur une scène cauchemardesque. Des parties du cadavre – dont la tête, les seins et les parties génitales – étaient dans les escaliers et dans le corridor.
À côté de chaque partie de corps se trouvaient des bouts de papier sur lesquels étaient écrits des jeux de mots macabres. Le corps mutilé de la victime était dans une chambre.

La juge Maya Hamou était visiblement ébranlée lorsqu'elle a lu sa décision, le 2 novembre 2026.
Photo : Andrew Robson
Selon la juge Maya Hamou, Roger Crossman a fait cette mise en scène théâtrale
afin de choquer les gens et d’humilier la victime à un degré qui dépasse tout ce que l’on pourrait imaginer
.
La juge – qui semblait troublée par cette affaire et dont la voix tremblait par moments – n’est pas restée indifférente au fait que Marlene Crossman a été tuée par son partenaire intime après des années d’abus.
Le meurtre ainsi que le démembrement, la mutilation et l’exposition de ses restes ont perpétué la domination sexuelle, l’humiliation et la dégradation de Marlene Crossman par le contrevenant. Cela montre le mépris total du contrevenant pour la dignité et l’intégrité sexuelle de Marlene Crossman
, a-t-elle affirmé.
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