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Sunday, September 13, 2026

Démystifier la science | Les chiens préfèrent la musique de spa

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Chaque semaine, notre journaliste répond aux questions scientifiques de lecteurs.

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Quels effets ont les bruits et la musique humains sur les animaux ?

Émilie Houle

La musique heavy métal a tendance à énerver les chiens, qui préfèrent des musiques plus lentes et moins fortes, comme celles qu’on peut entendre dans un spa. C’est du moins ce que suggèrent plusieurs études s’étant penchées sur la question.

Souvent, les animaux entendent des fréquences inaudibles pour nous, aiment des musiques ayant des rythmes différents, sont parfois plus sensibles que nous aux bruits forts et peuvent parfois changer leurs comportements pour éviter les bruits humains.

« Les chiens, par exemple, préfèrent la musique avec un rythme un peu plus lent, et à un volume moins élevé », dit Seana Dowling-Guyer, psychologue qui enseigne à l’école vétérinaire de l’Université Tufts, en banlieue de Boston. « C’est probablement parce que les ondes de leur cerveau sont plus lentes que les nôtres. »

L’entreprise Liquid Mind a utilisé ces résultats pour proposer de la « musique pour animaux de compagnie ». « Ça ressemble à de la musique de spa », explique Mme Dowling-Guyer. En 2025, dans la revue Applied Animal Behaviour Science, elle a publié une étude sur ce type de musique.

Les chiens, et de nombreuses autres espèces animales, sont aussi plus sensibles au niveau sonore que les humains, dit la chercheuse du Massachusetts. « Certaines espèces de poissons peuvent avoir un barotraumatisme lié à la pression créée par certains bruits marins », dit-elle. Un barotraumatisme est un dommage interne causé par une variation de pression, par exemple le mal des caissons chez les plongeurs.

La psychologue, qui s’occupe d’un refuge pour chiens, a eu l’idée d’étudier la question parce que des employés écoutaient de la musique en préparant le refuge le matin avant son ouverture au public, et à la fin de la journée pendant qu’ils préparaient les chiens pour la nuit. « Parfois, un employé mettait du heavy métal et d’autres craignaient que ça énerve les chiens. »

Elle s’est rendu compte que la musique plus rythmée énervait effectivement les chiens.

On entend souvent parler de petites fermes qui font jouer du classique pour relaxer les vaches et favoriser la production de lait. Si on se fie aux résultats sur les chiens, ça pourrait bien être le cas.

Seana Dowling-Guyer, psychologue qui enseigne à l’école vétérinaire de l’Université Tufts

Elle note que dans le cas des fermes, les bruits des machines pourraient interférer avec l’effet de la musique classique. « Et à l’inverse, des études ont montré que les vocalisations des vaches peuvent indiquer leur niveau de stress », dit Mme Dowling-Guyer.

Chats et baleines

Il y a eu moins d’études sur les chats, mais l’une d’entre elles a montré que les chats jeunes et vieux sont sensibles à l’effet relaxant de la musique de style classique avec un rythme plus lent, alors que les chats dans la force de l’âge se soucient peu de la musique.

D’autres études ont montré que dans les environnements bruyants, les baleines communiquent moins bien entre elles et cessent de s’alimenter, que les narvals plongent dans les profondeurs moins graduellement et que les oiseaux ont des nichées plus petites.

Le bruit joue un rôle très important dans les environnements marins. Le son se propage loin dans l’eau et sert à la communication à longue distance.

Seana Dowling-Guyer, psychologue qui enseigne à l’école vétérinaire de l’Université Tufts

La prochaine étape dans l’étude des impacts du bruit et de la musique sur les animaux est de tenir compte des effets indirects, par exemple des prédateurs dont les proies sont effarouchées par le bruit et évitent certains endroits, ou encore des utilisations opportunistes, notamment des espèces qui savent que le bruit d’un couvercle de poubelle signifie la disponibilité de nourriture, ainsi que l’effet des bruits inaudibles pour les humains, par exemple les ultrasons par les chauves-souris, selon Mme Dowling-Guyer.

Silence

La plupart des études sur l’impact de la musique sur les animaux sont faites par des biologistes. Cela pose parfois problème, selon Emily Doolittle, une musicienne du Conservatoire royal d’Écosse qui a publié plusieurs études sur la « zoomusicologie ». « Parfois, le niveau sonore n’est pas pris en compte, ou alors on utilise du Mozart comme représentatif de toute la musique classique. »

Mme Doolittle a abordé l’impact de la musique sous un angle original. « Je tiens compte des facteurs culturels, de la musique du pays où vivent les animaux. Et je prends aussi en compte les expressions vocales des espèces. Il y a une différence, par exemple, entre la manière dont un humain et une espèce d’oiseau organisent les patterns musicaux. »

La chercheuse d’origine néo-écossaise a une expérience très personnelle de ce sujet. « Quand je joue du hautbois, mon chien vient toujours dans la pièce où je suis, dit Mme Doolittle. Mais quand mon mari joue du tuba, il s’en éloigne. »

Faut-il mettre en boucle Mozart à Fido ou à Minou quand on est absent ? « Non, parce que les animaux s’habituent à des sons, dit Mme Dowling-Guyer. Et le silence aussi est important pour eux. »

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En savoir plus

  • 70 dB
    Niveau de bruit sur une ferme qui nuit aux vaches

    Source : université Tufts

    2 à 10 fois plus élevé
    Niveau de bruit dans les océans par rapport à l’ère préindustrielle

    Source : International Journal of Environmental Research and Public Health

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