Saint-Ghislain : le harceleur de Florence Monier fera de la prison ferme

"C’étaient des coups de téléphone de jour comme de nuit. Des critiques, des insultes. Toujours en numéro masqué, évidemment", raconte la bourgmestre socialiste de St Ghislain. "Au début, on prend son mal en patience, on a tendance aussi à minimiser, mettre cela sur le compte de la campagne en cours. Je menais deux campagnes, pour les régionales et les communales". Mais au-delà de cette période tendue, le harcèlement continue, et prend un tour nouveau. "Les propos concernent à un moment donné une publication que j’ai faite sur les réseaux sociaux, publication sur laquelle ma fille apparaît. Là, je me dis ça va trop loin ! C’est ma famille…" Sur conseil d’un ami, Florence Monier porte plainte. "Je n’étais jamais allée devant un tribunal, sauf pour déposer une liste électorale ! Tout cela était nouveau pour moi".
Deux ans plus tard, elle se dit satisfaite du verdict, et de la peine assortie. Un an de prison ferme, et une amende de 1500 euros. "Précisons quand même que mon harceleur – que je ne connais pas !- Ne s’est jamais présenté au tribunal. Il a donc été jugé par défaut. Mais, oui, je suis satisfaite que la justice ait pris les faits au sérieux. Ce type de comportement ne doit pas rester impuni ! Et quelle que soit la personne qui en est victime… Qu’elle soit engagée en politique, ou pas ! La justice doit être la même pour tout le monde".
Maxime Pourtois, 1er échevin (PS) à Mons © Charlotte Legrand
A quelques kilomètres de là, à Mons, une autre affaire de harcèlement fait parler d’elle. Elle concerne Maxime Pourtois, le premier échevin. Il est la cible d’une vague d’insultes et de critiques sur Facebook, depuis qu’une publication satirique est parue sur Facebook. "Un post totalement mensonger, qui m’attribue des propos que je n’ai jamais tenus", confirme l’échevin. Vu l’ampleur que prenait "l’affaire", il a dû publier un démenti sur les réseaux. "Même des employés de la Ville pensaient que j’avais tenu ces propos…". Pour l’élu socialiste, ce qui se passe dépasse de loin son cas personnel. Il aimerait, de façon beaucoup plus large, un renforcement du contrôle des publications, sur les réseaux sociaux.
Les publications anonymes : la porte ouverte à toutes les dérives ?
"Je pense qu’effectivement, il y a un vrai enjeu de contrôle de ce qui est dit, non pas pour empêcher tout le monde de dire ce qu’il veut, mais simplement pour faire en sorte que ce qui est dit puisse au moins passer par le filtre de la vérification. Parlons aussi des publications anonymes. Moi, je ne peux pas comprendre que 'Chien2406' ou 'Participant Anonyme' puissent librement intervenir dans des groupes Facebook, parfois en diffamant des personnes, en donnant de fausses informations sur des projets ou sur des positions, sans qu’on ait à les rendre responsables de leurs propos. Le législateur doit se saisir de cette question ! Il va falloir se doter d’outils plus puissants pour vraiment sanctionner ceux qui se rendent coupables de propos diffamatoires".
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Comment obtenir une rectification ? Qui contacter chez Facebook ? Qu’en est-il de la modération des pages ? Des questionnements sur lesquels il faut avancer, poursuit-il. "Parfois, des jours, des semaines, des commentaires restent en lignes, commentaires qui viennent nuire profondément à la réputation, à l’identité d’une personne qui peut du coup en être très affectée et voire même commettre le pire. C’est quelque chose d’intolérable".
La législation sur le point d’évoluer
Lorsque le harcèlement se produit par téléphone ou via des SMS, le Service de Médiation des Télécommunications est autorisé à divulguer des informations sur les auteurs. Ce n’est pas encore le cas pour le harcèlement en ligne, mais cela pourrait changer ! En juin dernier, les ministres de la Protection des consommateurs et des Télécommunications, Rob Beenders (Vooruit) et Vanessa Matz (Les Engagés), ont déposé un projet de réforme. L’idée : permettre au service de médiation de déterminer l’identité et l’adresse des auteurs anonymes. Les opérateurs et les autres services concernés seront tenus de coopérer à l’enquête, sous peine d’une amende infligée par l’autorité de régulation des télécommunications, l’IBPT. Une réforme à laquelle le conseil des ministres a donné son feu vert.
En 2025, le Service de médiation des Télécommunications a reçu des milliers de plaintes concernant du harcèlement en ligne. Elles portaient souvent sur des faits très graves, avec intimidations, menaces de mort, proférées la plupart du temps par des auteurs anonymes.
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