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Saturday, September 26, 2026

Les partis ébranlés par des allégations d’ingérence américaine dans la campagne

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Face à des allégations d’ingérence américaine dans la campagne électorale, Christine Fréchette, « préoccupée », a convoqué une rencontre avec son homologue fédéral, tandis que l’opposition a accusé la cheffe caquiste d’un manque de transparence.

Comme l'a révélé vendredi Le Journal de Montréal, un groupe de réflexion américain, Defense Analyses and Research Corporation, appelle sur son site Internet les États-Unis à soutenir financièrement le Parti québécois et à favoriser le mouvement souverainiste, afin d’affaiblir le Canada.

Toujours selon le JdeM, Ottawa aurait mis le gouvernement caquiste en garde à trois reprises de cette menace : au début de 2026, au début de septembre, puis au cours des derniers jours.

Interrogée, Christine Fréchette a dit en avoir été informée par son équipe seulement samedi dernier, et avoir rencontré à ce sujet le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) mercredi.

Bien que les menaces soient « préoccupantes », la première ministre sortante et cheffe caquiste a assuré qu'« aucune information ne nous a été confirmée indiquant que de l’ingérence aurait été observée dans le cadre de notre processus électoral ».

Elle a malgré tout demandé vendredi, après la divulgation publique des allégations d'ingérence, à rencontrer le premier ministre canadien, Mark Carney.

Je veux avoir l'aide du fédéral pour éclairer cette situation-là, a-t-elle dit, ajoutant que le Québec ne dispose pas des outils pour le faire seul.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, le cabinet de Mark Carney a dit pour sa part prendre très au sérieux l'ingérence étrangère, ainsi que la menace d'une telle ingérence.

Les Canadiens doivent pouvoir avoir confiance dans l'intégrité de leurs élections, qui doivent être libres, et dont l'issue doit être déterminée par les Canadiens eux-mêmes, poursuit-on.

Manque de transparence

Appelés à réagir, les chefs péquiste, libéral et solidaire se sont étonnés de ne pas avoir été informés plus tôt par Christine Fréchette de ces allégations, à commencer par Ruba Ghazal, qui a déploré un manque de transparence.

Après sa rencontre avec M. Carney, ça va être très important qu’elle nous tienne au courant […] de la teneur de cette ingérence, s’il y a eu ingérence, a déclaré Mme Ghazal.

Ruba Ghazal derrière un lutrin.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a prononcé vendredi un discours au congrès de la Fédération québécoise des municipalités.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Christine Fréchette s’est toutefois défendue de cacher des choses à l'opposition, affirmant que les sujets qui relèvent des services de renseignement ne font normalement pas l’objet de sorties publiques.

Les révélations de Québecor l’ont toutefois contrainte à en parler publiquement vendredi, a-t-elle justifié.

Pour sa part, le chef libéral, Charles Milliard, a mis son rival péquiste au défi de clarifier ses liens avec les États-Unis.

M. Plamondon nous dit que, quand il va à l’international, il fait plusieurs rencontres, parfois des rencontres secrètes. Est-ce qu’il a rencontré des groupes particuliers aux États-Unis ces dernières années? Est-ce qu’il pourrait préciser la teneur de ces rencontres-là? s’est demandé le chef libéral.

Moi, je ne suis pas allé aux États-Unis récemment.

Charles MIlliard parle dans un micro.

Le chef libéral, Charles Milliard, a rencontré les médias après avoir prononcé un discours au congrès de la Fédération québécoise des municipalités.

Photo : Radio-Canada / JOHN JARAMILLO

Aucun lien avec les États-Unis, assure PSPP

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a nié avec véhémence les suppositions faites par Charles Milliard, en martelant qu’il n’a jamais eu de rencontre politique aux États-Unis avec qui que ce soit ni jamais voyagé à l’étranger pour rencontrer secrètement des représentants de l’administration américaine.

Je demande à Charles Milliard de se rétracter. [...] S’il refuse de le faire, il propage de la désinformation et c’est bien en dessous du niveau de rigueur et d’intégrité auquel il nous a habitués depuis son entrée en politique active.

Paul St-Pierre Plamondon parle dans un micro.

Favori dans les sondages, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, se demande pourquoi les informations concernant une possible tentative d'ingérence américaine dans les élections québécoises dévoilées ce midi par les médias de Québecor émergent à ce moment-ci.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le chef péquiste s’est par ailleurs interrogé sur le timing étrange de ces révélations médiatiques, à deux jours du début du vote par anticipation, alors que l’information était connue [par la CAQ] depuis janvier. Il a même émis l’hypothèse que la CAQ aurait elle-même coulé l'histoire aux journalistes.

Pour sa part, le chef conservateur, Éric Duhaime, n'a pas commenté les allégations d'ingérence, au moment où ces lignes étaient écrites.

D'autres révélations

La cheffe de la CAQ a également confirmé vendredi d’autres révélations des médias de Québecor, à savoir que l'administration américaine a tenté de contourner les négociations commerciales avec Ottawa pour s'entendre directement avec Québec sur les tarifs douaniers.

Il y a eu une approche le printemps dernier pour tenter d'avoir une entente avec le Québec en ce qui a trait à des secteurs qui sont liés à l'ACEUM, a déclaré Christine Fréchette. J'ai fermé la porte tout de suite.

Pour moi, il n'est pas possible de penser que le Québec puisse signer une entente avec les États-Unis, de nous-mêmes. On a besoin d'une entente globale. C'est important de garder le front uni.

Avec les informations de Jean-François Thériault et de Jérôme Labbé

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