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Monday, November 2, 2026

Le changement d’heure en quatre questions

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Dans la nuit de samedi à dimanche, les Québécois reculeront les aiguilles de leurs montres une fois de plus et gagneront une heure de sommeil. Le changement d’heure a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines, mais que faut-il en retenir ? Le Devoir fait le point en cinq questions.

Quand et comment doit-on changer l’heure ?

Cette année encore, aux premières heures du premier dimanche de novembre, il faudra reculer les aiguilles de nos horloges. À 2 h du matin, il sera donc de nouveau 1 h, nous offrant ainsi une heure de sommeil supplémentaire dans la nuit de samedi à dimanche.

Instaurée au Canada pendant la Première Guerre mondiale, cette modification artificielle de l’heure nous permettra de retrouver « l’heure normale », c’est-à-dire un horaire qui correspond davantage au rythme naturel du soleil, après l’avoir modifié au printemps dernier.

Si la majorité des appareils électroniques connectés à l’Internet change automatique l’heure, certains plus anciens modèles pourraient avoir besoin que vous les modifiez manuellement.

À quels effets peut-on s’attendre ?

« Les premiers jours, c’est sûr qu’on risque d’être un peu mélangés », résume Marie-Hélène Pennestri, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sommeil pédiatrique de l’Université McGill. Toute modification dans notre rythme de sommeil est susceptible de se faire ressentir, explique-t-elle. Reste que, puisqu’en novembre, l’heure supplémentaire est « gagnée » plutôt que « perdue », « c’est généralement moins difficile qu’au printemps », raconte-t-elle.

« C’est comme si on voyageait et qu’on se retrouvait dans un autre fuseau horaire » compare Mme Pennestri. « Il ne faut pas sous-estimer les effets que ça peut avoir. » Elle nomme, par exemple, les effets sur les accidents de la route qui augmentent après le changement d’heure, particulièrement au printemps. « Ça peut prendre jusqu’à une semaine pour s’en remettre. »

Pour limiter les effets négatifs, l’experte recommande de maintenir sa routine. « L’important, c’est la régularité », dit-elle. Un conseil qu’elle suggère d’ailleurs d’appliquer à longueur d’année. « Il faut tout le temps essayer de bien s’occuper de notre sommeil. »

Pourquoi veut-on mettre fin au changement d’heure ?

On apprenait cette semaine que le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon compte mettre fin au changement d’heure bisannuel au Québec. L’idée circule depuis de nombreuses années, l’ex-premier ministre François Legault ayant mené une consultation publique sur le sujet. Résultat ? 91 % des 214 000 répondants étaient en faveur d’abolir le changement d’heure.

Concrètement, l’abolition de cette pratique « contre-productive » permettrait de limiter les effets néfastes sur la population, explique Marie-Hélène Pennestri. « Les parents avec de jeunes enfants vous le diront, même sans connaissance scientifique du sujet, qu’ils remarquent la différence sur leurs enfants. »

« S’imposer » ces deux changements d’heures et les problèmes qu’ils causent n’est pas « logique », soutient l’experte.

Est-ce le dernier changement d’heure au Québec ?

Potentiellement. Mais après l’annonce du gouvernement québécois, cette semaine, plusieurs étapes restent à franchir.

D’abord, la ministre de la Justice, Marie-Claude Sarrazin, doit déposer un projet de loi pour abolir la pratique. Ce projet de loi devra ensuite passer toutes les étapes à l’Assemblée nationale avant d’être adopté.

Puis, il restera à déterminer si le Québec conservera l’heure d’été ou l’heure normale. Pour trancher la question, le gouvernement prévoit de consulter des spécialistes au cours des prochains mois. L’issue de ces consultations déterminera s’il faudra changer l’heure une fois de plus au printemps, ou s’il s’agit bien du dernier changement d’heure.

Qu’en est-il du reste du Canada et des autres pays ?

Au Canada, la Colombie-Britannique a fait le saut en mars dernier en décidant de conserver l’heure d’été toute l’année. Ses habitants ne reculeront donc pas leurs horloges ce dimanche, une première pour la majorité de la province. Même chose pour le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest et l’Alberta.

Le Yukon avait quant à lui déjà abandonné cette pratique en 2020. La Saskatchewan, elle, conserve l’heure normale depuis plusieurs années.

Ailleurs au pays, notamment en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique, le changement d’heure demeure en vigueur. Il en va de même dans la majeure partie des États-Unis, à l’exception d’Hawaï et de certaines sections de l’Arizona.

À l’international, plusieurs pays ont eux aussi abandonné cette pratique, dont la Russie, le Brésil et le Mexique. Au Mexique toutefois, certaines régions frontalières avec les États-Unis continuent néanmoins de changer d’heure alors que le reste du pays conserve le même horaire toute l’année.

Les pays de l’Union européenne, quant à eux, avancent et reculent toujours leurs horloges deux fois par année.

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