Un satellite de la Nasa va retomber sur Terre cette semaine : faut-il s’inquiéter ?

Il avait été mis en orbite il y a plus de 20 ans et la Nasa avait récemment tenté de le sauver.
Swift, premiers résultats scientifiques sur les sursauts gamma
Lancé en novembre 2004, l'observatoire spatial Swift, conçu spécifiquement pour observer et étudier dans le visible, le gamma et le X, les mystérieux sursauts gamma (GRB) a déjà détecté plus de 20 sursauts de rayons X, des sursauts courts comme longs mais également des modifications dans le rayonnement X après le sursaut (postluminescence).... Lire la suite
Rien n'y a fait. Le 20 octobre dernier, alors qu'il orbitait à quelque 275 kilomètres d'altitude, il a effectué sa toute dernière observation : le télescope spatial Swift (parfois surnommé le « couteau suisse » de l'astronomie) va retomber sur Terre avant la fin de cette semaine.
Le saviez-vous ?
Swift a observé plus de 2 000 sursauts gamma, les explosions les plus puissantes de l’univers. Il a aussi étudié plus de 1 400 supernovas, a été témoin de la destruction d’étoiles par des trous noirs, a surveillé des galaxies actives, a réalisé un relevé du ciel en rayons X et a étudié des astéroïdes et des comètes. Pour un total d’environ 7 000 articles scientifiques basés sur ses données.
Un objet de 1 500 kilos en chute incontrôlée, ça peut inquiéter. Mais qu'en disent les experts ?
— Djacob (@djacobno) November 2, 2026NASA's Swift telescope was built to last 2 years. It watched the sky for 22, and this week it falls back to Earth.
I built a 3D tribute: all 2,046 gamma-ray bursts it caught, each blinking where it came from, plus Swift's live orbit as it drops.https://t.co/gZQmMqMzye pic.twitter.com/zkQTDhE03Q
Pourquoi un satellite finit-il toujours par tomber ?
D'abord que tout ce qui est en orbite basse finit par tomber. Le frottement de l'engin avec l'atmosphère, si ténue soit-elle à cette altitude, ralentit progressivement sa course. Alors le satellite se rapproche de la Terre. À mesure qu'il descend, l'air se densifie, les frottements augmentent et la chute s'accélère.
L'activité solaire récente a amplifié ce phénomène en gonflant les hautes couches de l'atmosphère. La Nasa avait bien mobilisé une mission de sauvetage, avec un véhicule robotique conçu en quelques mois seulement pour relever l'orbite du télescope.
Qui va sauver le robot de sauvetage ? Lancé il y a plusieurs semaines, le robot Link devait attraper le télescope spatial Swift et le remettre en orbite, prolongeant ainsi sa vie. Il s’agit de la première mission de ce genre. Malheureusement, à la suite de défaillances techniques, l’engin s’est transformé en toupie.... Lire la suite
Mais l'opération n'a pas permis de sauver Swift, qui a poursuivi sa descente.
À quoi ressemblera la chute de Swift ?
Lorsqu'il atteindra environ 120 kilomètres d'altitude, il ne lui restera plus que quelques minutes. Il entrera dans la partie dense de l'atmosphère à plus de 27 000 km/h et se mettra à briller intensément. Il pourrait même devenir visible en plein jour.
À environ 80 kilomètres du sol (soit encore 8 fois plus haut qu'un avion de ligne), la structure principale de Swift devrait se disloquer. Et la plus grande partie de l'engin va fondre.
Seuls quelques pièces denses (comme les volants d'inerties qui servaient à orienter le télescope) et des composants en titane, en acier ou en verre -- les lentilles et les miroirs de ses télescopes à rayons X et optiques, par exemple -- pourraient résister et atteindre le sol...
Update: obj. 28485 SWIFT decay prediction: November 04, 2026 UTC 05:31 ± 12h
— Joseph Remis (@jremis) November 1, 2026
The October 31 G2 geomagnetic storm increased atmospheric drag, significantly advancing the re-entry date. pic.twitter.com/UpmnA2pO6j
Où les débris pourraient-ils tomber ?
À ceci près que Swift survole une zone constituée en grande partie d'océans, de part et d'autre de l'équateur. Le scénario le plus probable se résume donc à quelques ploufs sans conséquences.
Des régions habitées en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi qu'en Amérique latine restent toutefois dans la zone possible de retombée.
Débris spatiaux : que faire s’il en tombe sur votre maison ?
En mai 2020, au large des côtes de l’Afrique. En mai 2021 dans l’océan Indien. En juillet 2022, dans l’océan Pacifique. En août 2022, dans un champ en Australie. De plus en plus de débris spatiaux s’écrasent sur notre Terre. Et si l’un d’entre eux venait à tomber sur votre maison ?... Lire la suite
En matière de sécurité, la Nasa impose que le risque de blessure lié à une rentrée atmosphérique non contrôlée reste inférieur à 1 sur 10 000. L'agence n'a toutefois pas encore publié d'analyse spécifique pour Swift. Dommage : cela aurait permis d'étayer le débat par des chiffres plutôt que de laisser place aux conjectures.
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