L’ambassade de Russie en Belgique dénonce la volonté d’intimider la population en évoquant « une menace russe »


Depuis quelques semaines, les défenses anti-aériennes ukrainiennes semblent à bout de souffle. Le siège des services de sécurité ukrainiens à Kiev a été touché, l’avion de Volodymyr Zelensky a été approché et, plus récemment, plusieurs drones ont touché terre près de la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. Mais en réalité, si les attaques russes semblent plus efficaces, c’est parce que les drones de l’armée de Vladimir Poutine le sont davantage.
Jusqu’ici, la Russie inondait le ciel ukrainien de drones Shahed iraniens assez peu modernes et peu efficaces : « Les Geran, comme les Russes les appellent, version 2 et 3, sont des drones qui vont à 250 km/h et qui font un bruit de mobylette, car ce sont des moteurs à hélices », nous explique Xavier Tytelman, consultant aéronautique & défense et spécialiste du conflit en Ukraine.
Entre-temps, les Geran 4 ont fait leur apparition dans le ciel. Les Russes ont développé une version de ce drone avec un moteur à réaction. Ce qui n’a rien d’exceptionnel. La nouveauté se cache autre part : « Les Russes ont réussi, il y a deux mois et demi, à contourner les sanctions internationales pour obtenir des moyens de production qui leur permettent de produire en grande quantité des réacteurs pas chers qui permettent à ces drones d’aller à 500/600 km/h », précise l’expert.
Et la différence est importante : « Les premières générations, qui sont encore tirées par milliers chaque mois, sont interceptées à 95 %, tandis qu’avec les Geran à réaction, on descend à 60 % ».

Cette nouveauté change la donne et fait le bonheur du président russe : « Le but des Russes aujourd’hui est de saturer le ciel ukrainien, comme ils ne le sont pas capables de gagner du terrain sur le front. Au contraire, ils reculent depuis plusieurs mois. Le narratif russe du rouleau compresseur qui va écraser la « petite Ukraine » ne tient plus. La Russie et Poutine, qui veut afficher une victoire en vue des élections du 21 septembre, passent sur un narratif de « On est en train de faire s’effondrer l’Ukraine ». Mais le problème, c’est que tant que les Geran étaient des Shahed à hélices, la Russie s’épuisait financièrement, en lançant des Shahed à 200.000 euros qui n’atteignaient leurs cibles que dans 5 % des cas. C’était un coût disproportionné ».
Avec ces drones plus efficaces, l’Ukraine doit s’attendre à des semaines compliqués : « Les Ukrainiens ont des technologies pour les contrer mais ils n’ont pas encore été capables de les développer à l’échelle industrielle, faute de financement. Le premier drone intercepteur a été certifié et on en est à l’industrialisation, mais les Ukrainiens auront besoin de deux à trois mois. Donc entre maintenant et le moment où il fera -20 degrés, comme chaque hiver, on n’est pas certains que les Ukrainiens auront les moyens de protéger leurs infrastructures électriques ».

Pour Xavier Tytelman, l’Europe a des moyens d’interception, mais qui ont été fournis en trop petites quantités : « Des roquettes guidées laser par exemple, ça coûte une bouchée de pain. Ou on pourrait leur donner des avions de chasse comme les Mirages 2000 ou les F16. C’est ce genre de réponse que l’Europe doit donner pour que l’Ukraine protège son ciel ».
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