Crise pétrolière : pourquoi la France vient à la rescousse pour protéger le port de Yanbu, dernière alternative au détroit d'Ormuz

"Le président cherche vraisemblablement à montrer que la France peut être un partenaire de sécurité concret, à un moment où les États-Unis apparaissent plus hésitants ou imprévisibles", analyse Emma Soubrier, directrice de la plateforme de recherche PRISME.
L’initiative française arrive au moment où le Royaume cherche à diversifier ses partenaires, même s’il n’est pas question de rompre avec les États-Unis. De plus, la pénurie d’intercepteurs américains, utilisés intensivement durant les premières semaines de l’offensive, oblige les pays du Golfe à trouver des alternatives.
La protection américaine demeure indispensable, mais elle est désormais insuffisante
Ancien ambassadeur de France dans plusieurs pays du Golfe, Bertrand Besancenot souligne "leur frustration et leur interrogation sur l’intérêt de continuer à abriter les installations militaires américaines dans la région, qui sont autant de cibles pour Téhéran. Ces États se sentent plus vulnérables qu’avant la guerre et leurs économies ont été durement touchées."
"Ces pays, mis devant le fait accompli de l’échec stratégique américain après six mois de conflit avec l’Iran, sont en réalité contraints de repenser leurs alliances", analyse le diplomate français. Certes, "la protection américaine demeure indispensable, mais elle est désormais insuffisante", constate-t-il. "Les bouleversements nés de cette guerre sont profonds, rebattant les cartes et affaiblissant l’ordre américain dans la région."
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