Référendum en Alberta : Carney salue un résultat « absolument clair »

C’est tout sourire, et un peu hors d’haleine, que Mark Carney s’est présenté devant les caméras à l’entrée de son Conseil des ministres mardi. « C’est tellement un beau jour que j’en suis essoufflé », a-t-il rigolé, après avoir monté rapidement les marches du Parlement. « Ça, ou je ne suis simplement pas en forme », a-t-il ajouté, sourire en coin.
Si le premier ministre s’est dit ravi
du résultat du référendum en Alberta – un grand jour pour le Canada
, a-t-il dit –, c’est surtout le résultat absolument clair
du vote qui a semblé le réjouir.
Rappelons que, selon les résultats encore non officiels, près de 76 % des Albertains ont voté pour que leur province demeure à l’intérieur du Canada. La seconde option, celle qui aurait forcé le gouvernement de l’Alberta à tenir un référendum contraignant sur la séparation, récolte pour l’heure un peu plus de 24 % d’appuis.
C’est donc près du quart de la province qui a voté en faveur de l’option séparatiste, a-t-on fait remarquer au premier ministre. Ils ont voté pour un processus
, a-t-il voulu nuancer, soulignant qu'un vote pour le oui
au référendum d'hier n'était pas nécessairement un vote pour la séparation définitive de la province.
Oui, il y a une minorité qui veut se séparer du Canada
, a-t-il admis. Mais nous vivons dans une démocratie. Le résultat est absolument clair. C'est une grande majorité pour le Canada, et c'est le moment de travailler ensemble pour tous les Albertains et pour tous les Canadiens.
Les Albertains ont choisi l'unité, de bâtir ensemble et de prendre soin les uns des autres.
Vers une réforme constitutionnelle?
Par ailleurs, le premier ministre Carney a dit prendre acte
des résultats des autres questions soumises au vote populaire hier, notamment sur des questions constitutionnelles.

Mark Carney a tenu une mêlée de presse au lendemain du référendum en Alberta.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Une majorité des Albertains se sont ainsi dits en faveur de rouvrir la Constitution canadienne afin de donner plus de pouvoir aux provinces et de protéger les compétences provinciales contre l’ingérence fédérale
. Plus de 53 % se sont également prononcés en faveur de l’abolition du Sénat fédéral.
M. Carney avait semblé ouvrir la porte à une réforme constitutionnelle lors d’une entrevue donnée à un balado en Alberta.
Appelé mardi à préciser sa pensée, le premier ministre a semblé vouloir rapidement mettre le couvercle sur cette marmite. Il a dit vouloir plutôt travailler de façon pragmatique
avec les provinces.
La porte n’est pas fermée
, a-t-il voulu préciser. Si c’est nécessaire d’avoir des changements constitutionnels, oui, on peut le faire. Mais ce n’est pas nécessaire pour ces enjeux
.
On peut se dire "on ne fait rien sans changement constitutionnel", mais, pour moi, ce n’est pas correct. Ce qui est mieux, c’est de travailler ensemble et de trouver des solutions communes.
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