Cette plateforme de jeux générés par IA attire déjà 10 millions de joueuses et de joueurs chaque mois
À l’heure où il est possible de trouver de très nombreux jeux indé vendus pour une bouchée de pain, sur console, PC comme sur mobile, on se demande bien qui a envie de jouer à des jeux générés entièrement par IA. Des millions de personnes, visiblement.
Si vous ne connaissez pas encore Astrocade, c’est tout à fait normal. La plateforme, ouverte au public fin juillet 2025, est encore jeune, mais elle attire déjà des millions de joueuses et de joueurs chaque mois. Son concept est simple : permettre à n’importe qui de créer des jeux à l’aide de l’intelligence artificielle, et les mettre à disposition d’autres utilisateurs.
Derrière Astrocade, on trouve les frères Amir et Ali Sadeghian, qui ont fondé l’entreprise en 2022 avec la chercheuse en intelligence artificielle Fei-Fei Li. En mai 2026, la start-up a levé 56 millions de dollars (environ 48 millions d’euros) auprès notamment de Sequoia Capital, Sea, du Google AI Futures Fund et de Nvidia. Elle ne compte pourtant que quelques dizaines de salariés.
Un peu plus d’un an après son lancement public, Astrocade revendique désormais 10 millions d’utilisateurs actifs chaque mois, soit deux fois plus qu’il y a seulement quatre mois. Dans un entretien accordé au site GamesBeat ce 7 octobre 2026, Amir Sadeghian, CEO d’Astrocade, a indiqué que la plateforme avait connu une croissance rapide, avec 10 millions de joueuses et de joueurs actifs qui lancent 220 millions de sessions de jeu par mois sur plus de 100 000 jeux créés par des développeurs tiers.

« Nous enregistrons des chiffres impressionnants : nous comptons désormais des centaines de milliers de créateurs répartis dans 99 % des pays du monde, soit 191 des 193 pays membres des Nations unies », a déclaré Amir Sadeghian.
Le fonctionnement d’Astrocade rappelle celui de Roblox : les utilisateurs y créent et partagent leurs propres expériences. Amir Sadeghian préfère pourtant comparer sa plateforme à YouTube. Sur Roblox, les créateurs gagnent surtout de l’argent grâce aux achats des joueuses et des joueurs. Astrocade, elle, les paie en fonction du nombre de fois où leurs créations sont jouées.
Astrocade n’est pas seule sur ce créneau. Le jour même de cet entretien, Google et Unity présentaient Google Playground et Unity Spark, deux outils censés permettre à des créateurs de générer facilement des jeux en 3D.
Des « playables » plutôt que des jeux
Son approche du jeu vidéo fera lever un sourcil à celles et ceux qui jouent sur console et PC. Astrocade veut pourtant, à terme, devenir plus qu’un simple outil de création basé sur l’IA.
L’objectif est en effet de faire d’Astrocade une plateforme de divertissement grand public, et d’attirer surtout les joueuses et les joueurs occasionnels, ainsi que les développeuses et développeurs en devenir. Amir Sadeghian préfère d’ailleurs utiliser le terme de « playables » (expériences jouables) plutôt que de jeux pour définir les titres présents sur sa plateforme. Une distinction voulue : Astrocade veut aller au-delà du jeu vidéo classique. Le terme a peut-être aussi l’avantage de faire passer plus facilement l’utilisation de l’IA.
« La raison d’être de notre plateforme réside dans les outils de création basés sur l’IA, qui permettent à chacun de créer », explique le CEO d’Astrocade. « L’atout d’Astrocade, à mon sens, est que nous disposons d’un volume considérable de données pour entraîner et perfectionner nos modèles. Nous pouvons ainsi concevoir des modèles spécifiquement destinés à générer du contenu ludique pour le public, car nous avons des retours sur toute la chaîne, jusqu’au plaisir de jeu. Nous avons la distribution, la création, la recommandation ».
Pour l’heure, l’entreprise privilégie la croissance de son nombre d’utilisateurs. Amir Sadeghian compte faire du chiffre d’affaires une priorité « dans le courant de l’année prochaine », donc en 2027.
Quant au public qui fréquente la plateforme, il est composé d’utilisateurs âgés de 18 à 45 ans et plus, répartis équitablement entre hommes et femmes. Une tranche d’âge finalement assez large, qui ne donne pas vraiment une idée précise du profil type des utilisateurs d’Astrocade. L’entreprise prépare désormais son lancement sur iOS, sans date annoncée pour l’instant. Les jeux, eux, tournent déjà dans le navigateur web.
Reste toutefois une question de taille : qu’en est-il des droits d’auteur et des licences ? En parcourant Astrocade, il n’est pas rare de tomber sur des expériences inspirées de licences bien connues, de Squid Game à Doraemon ou Marvel, en passant par Minecraft. Astrocade assume en partie cette situation : dans un article publié en octobre 2025 sur le blog d’Astrocade, la plateforme expliquait que ses utilisateurs pouvaient créer des jeux inspirés d’univers connus, tout en précisant qu’il n’existait pas de contrats de licence avec les détenteurs des droits. Reste donc à savoir jusqu’où cette tolérance pourra aller si les créations deviennent suffisamment populaires pour attirer l’attention des ayants droit.
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