Quatre personnes arrêtées lors d’une manifestation contre la brutalité policière
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a rapporté que quatre personnes ont été arrêtées samedi après-midi lors d’une manifestation dénonçant les abus qu’auraient commis des policiers, notamment des allégations selon lesquelles un agent aurait uriné sur des personnes en situation d’itinérance
Johany Charland, porte-parole du SPVM, a indiqué vers 20 h samedi que trois personnes ont été arrêtées pour voies de fait envers des policiers et qu’une autre personne a été arrêtée pour entrave au travail des policiers.
Un homme de 66 ans a également été blessé au haut du corps, mais ses blessures étaient considérées comme mineures, a affirmé Mme Charland.
La porte-parole a précisé que ce passant a subi une blessure après avoir été frappé par un objet non identifié. Elle a également indiqué que la police a utilisé des gaz lacrymogènes et du gaz poivré pour contrôler la foule au cours de la manifestation.
Les manifestants se sont rassemblés au poste de quartier 21, au centre-ville de la métropole, à 15 h pour dénoncer des abus présumés de la police à l’encontre de personnes en situation d’itinérance.
Ces allégations, rapportées pour la première fois par le quotidien La Presse, font notamment état d’un agent ayant uriné sur une personne en situation d’itinérance alors qu’il était en service. Un autre agent aurait posé pour des photos semblant se moquer d’un suspect placé dans une position humiliante lors d’une interpellation.
Le SPVM a confirmé le 16 octobre avoir suspendu deux policiers du poste de quartier 21.
Wawa Li, une résidente du Quartier chinois, a déclaré dans un discours prononcé avant la manifestation qu’« il y a toujours eu des violences policières, de la surveillance et de la discrimination » à Montréal.
« Dans ma rue, on entend des témoignages de membres de la communauté qui racontent avoir été victimes de profilage, avoir vu leurs tentes démolies par la police, les portes de leurs maisons de chambres défoncées lors d’opérations policières et, désormais, se faire uriner dessus », a-t-elle dit à la foule. « Où est la justice ? »
Les manifestants ont également exprimé leur colère concernant le fait que les agents en question aient été suspendus avec salaire, ce qu’ils ont qualifié de « vacances ».
Alexandre Popovic, porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers, s’est dit « dégouté », mais pas surpris par ces allégations.
« On nous dit qu’il existe une preuve vidéo. Comment ça se fait qu’il n’y a toujours pas d’accusations ? Ça, c’est incompréhensible », a-t-il soutenu.
Ces nouvelles allégations ont été rendues publiques moins de six mois après que le SPVM a démantelé une équipe de patrouilleurs de nuit composée de 16 membres à Montréal-Nord, en raison d’allégations de fautes professionnelles à caractère raciste. Les accusations portées contre ces agents incluent le fait d’avoir pris des cheveux de personnes racisées pour en faire des « trophées ».
« Tous ceux qui sont ici comprennent que le problème ne se résume pas à quelques policiers, mais qu’il s’agit d’un problème systémique qui se répète depuis des décennies », a déclaré Ted Rutland, professeur associé à l’Université Concordia, qui prenait part à la manifestation.
M. Rutland, qui participe à l’initiative « Définancer la police », estime que les fonds alloués à la police devraient être redistribués à des organisations venant en aide aux personnes en situation d’itinérance.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et le directeur du SPVM, Fady Dagher, ont tous deux souligné que la police était de plus en plus souvent sollicitée pour intervenir dans des situations de nature sociale et non criminelle.
« Nous avons vu des villes transférer des fonds du service de police vers des services civils chargés de répondre aux appels au 911 (qui ne concernent ni la criminalité ni la violence), ce qui est une mesure évidente », a fait valoir M. Rutland.
Les manifestants ont également scandé « Justice pour Nooran » et « Justice pour Abisay », en référence à un adolescent et à un jeune homme tués par la police dans la région de Montréal en 2025.
La tension était palpable entre la police et les manifestants. Avant que les organisateurs ne prononcent leurs discours près de la station de métro Berri-UQAM, on a vu des policiers éloigner de force des manifestants.
Les agents ont continué à encercler étroitement les manifestants alors qu’ils marchaient vers un autre poste de police dans le Village. Les policiers ont diffusé à plusieurs reprises un message avertissant les manifestants qu’ils entravaient le travail de la police et qu’ils seraient arrêtés s’ils ne cessaient pas.
La police antiémeute a empêché des manifestants d’emprunter certaines rues, ce qui a donné lieu à quelques face-à-face entre les deux camps. À un certain moment, les manifestants se sont assis par terre pour montrer aux agents qu’ils ne tenteraient pas de franchir la ligne de police.
Plusieurs passants ont applaudi, acclamé ou klaxonné pendant que les manifestants défilaient.
La plupart des manifestants se sont dispersés pacifiquement à une station de métro vers 17 h 30, mais la présence policière restait importante dans le quartier vers 18 h, la manifestation s’achevant en face de l’endroit où elle avait commencé.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.