Un faux institut de sondage épinglé à l’approche des élections de mi-mandat
Un institut de sondage auto-proclamé dont les données ont été utilisées par plusieurs équipes de campagne et médias aux États-Unis a reconnu avoir trafiqué ses études, le deuxième scandale du même genre à l’approche des élections américaines de mi-mandat.
À la suite d’une enquête de l’agrégateur FiftyPlusOne, l’entreprise Wedgewood Polls a reconnu dans un communiqué sur X que « la plupart » de ses données avaient été fabriquées. Elle a expliqué avoir voulu tester à quel point il était facile « pour un institut de sondage fabriqué de toutes pièces de gagner en visibilité » et « d’être pris au sérieux ».
« Ça nous a tués », a réagi après ces révélations Mallory McMorrow, candidate malheureuse à la primaire démocrate dans le Michigan (nord). À la suite du « sondage » publié par Wedgewood Polls en juin qui la faisait plafonner à 9 %, « les dons se sont taris », les bénévoles étaient « dévastés » et les médias l’ont « harcelée » pour qu’elle « se retire ».
Les fausses données avaient été mises en avant par d’importants agrégateurs de sondages et plusieurs médias, dont le New York Times, qui a annoncé mercredi avoir retiré les 15 publications utilisant des études de Wedgewood Polls.
« Le New York Times s’est fait prendre. Ils ont eu recours à une entreprise, Wedgewood Polls, qui a ADMIS que les chiffres de sondage qu’ils ont publiés étaient inventés et FAUX », a réagi Donald Trump dans un message posté tard jeudi soir sur son réseau Truth Social.
« C’est ce à quoi j’ai dû faire face depuis le tout début ! », a ajouté le président américain, à la cote de popularité au plus bas et qui accuse les sondeurs de malhonnêteté de manière récurrente depuis sa première campagne de 2016.
« Tout est “ARTIFICIEL” dans le New York Times défaillant », a-t-il conclu, dans une énième pique au quotidien, l’une de ses cibles favorites parmi les médias.
Le président du régulateur américain de l’audiovisuel (FCC), Brendan Carr, a reconnu une « hausse significative des sondages entièrement faux » conçus pour perturber le processus électoral, tout en appelant les médias à ne pas amplifier ce genre de canulars.
En août, un autre groupe, Median Strategies, avait reconnu auprès du Los Angeles Times avoir fabriqué ses résultats dans le cadre d’une « expérience sociale ».
Ces différentes révélations surviennent alors que les outils d’intelligence artificielle (IA) facilitent la création de ces faux sondages.
« Il devient de plus en plus facile de réaliser des sondages de faible qualité, ou carrément de les truquer », a souligné l’agrégateur FiftyPlusOne dans son enquête.
L’Association américaine pour l’étude de l’opinion publique a également dénoncé dans un communiqué ces « mauvais acteurs qui produisent et distribuent des données fabriquées de toutes pièces » qui « sapent la confiance dans les sondages ».
« Il est important que nous ne confondions pas des activités frauduleuses de ce type avec des sondages électoraux légitimes », a souligné sa présidente, Mary Losch.
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