Quand des aliments ultra-protéinés mais aussi ultra-transformés, inondent nos supermarchés... pour le meilleur et pour le pire

Les protéines sont essentielles au bon fonctionnement de notre organisme. "Elles nous aident notamment à construire notre masse musculaire, à entretenir notre peau, à utiliser des enzymes dans notre corps, à nous protéger en renforçant notre immunité", explique Serge Pieters, diététicien nutritionniste, notamment pour les sportifs de haut niveau.
Le Conseil Supérieur de la Santé recommande l'équivalent de 0,8 gramme de protéines par kilo et par jour. Une personne qui fait intensément du sport peut augmenter cette dose pour fabriquer davantage de masse musculaire. Le Comité Olympique international a d'ailleurs défini des besoins spécifiques en protéines pour les sportifs.
Mais au jour le jour et si l'on ne pratique pas de sport de manière intensive, une alimentation variée et équilibrée peut tout à fait couvrir correctement notre besoin en protéines :"si l'on mange de la viande, de la volaille, du poisson, des oeufs, des produits laitiers, des légumineuses telles que les pois chiches ou des lentilles, voire des protéines végétales telles que le quorn ou le tofu par exemple".
Pour certaines marques, il s'agit plutôt de faire du bénéfice et de vendre des protéines que d'y voir un intérêt santé
Serge Pieters, diététicien et nutritionniste
Cette mode de consommation des protéines parfois à outrance provient des influenceurs dans les domaines du sport ou de la santé. "Ils insistent beaucoup sur la consommation de compléments alimentaires tels que la "whey protein" qui est issue de produits laitiers". Or, on le sait, de nombreux posts dans ce domaine sont des messages détournés, émanant de sociétés qui veulent vendre des protéines qu'ils produisent ou distribuent. "Nous n'avons pas tous besoin de devenir bodybuilders et extrêmement musclés pour être en bonne santé. Ce qui se passe aujourd'hui c'est que les sociétés (que l'on trouve notamment en grandes surfaces) suivent ces chemins tracés par les influenceurs".
Selon Serge Pieters, le fait de manger trop de protéines peut déséquilibrer une alimentation. "Si je mange une trop grande quantité de protéines, je n'aurai peut-être plus faim pour manger mes légumes, mes fruits, mes féculents. J'aurai même peut-être tendance à sauter des repas".
Par ailleurs, les protéines qui sont très souvent ajoutées à ces produits ultra-transformés, sont elles mêmes ultra-transformées.
L'ONG Foodwatch réclame un étiquetage obligatoire de l’ultra-transformation des produits en face avant des emballages, conjoint au Nutri Score. Plus de 179.000 personnes ont déjà signé la pétition portée par Foodwatch, Yuka et France Assos Santé pour demander des mesures concrètes afin de réguler les aliments ultra-transformés.
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