Jeune tué par un policier à Longueuil | Veillée à la mémoire de Nooran Rezayi

Un an après la mort du jeune Nooran Rezayi, abattu par un policier à Longueuil, ses proches cherchent encore des réponses. Sa famille et ses amis se sont réunis lundi soir, pour honorer sa mémoire et demander encore une fois justice.
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Une foule de plusieurs centaines de personnes s’est rassemblée lundi soir devant le commissariat du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) situé à proximité du parc de la Cité.
Plusieurs proches de Nooran Rezayi portaient des chandails ou des masques réclamant justice pour le jeune adolescent de 15 ans abattu par un policier, le 21 septembre 2025. De nombreuses pancartes étaient brandies, clamant « Mettez fin à la violence policière » ou « Police partout, justice nulle part ».
Certains ont pris la parole, dans des discours poignants, empreints de colère, de tristesse et d’incompréhension.
PHOTO DENIS GERMAIN, LA PRESSE
De nombreuses pancartes étaient brandies, clamant « Mettez fin à la violence policière » ou « Police partout, justice nulle part ».
« Pourquoi ? ! »
Sa cousine l’a décrit comme un garçon « si gentil, joyeux et souriant ». « Sa vie nous a été enlevée d’une manière si cruelle, si brutale, sans même nous laisser la chance de lui dire un dernier au revoir, de lui donner un dernier câlin ou simplement de lui dire à quel point nous l’aimons », a-t-elle soufflé.
La sœur du jeune adolescent a évoqué « un enfant qui apportait de la bonne humeur partout où il allait » et qui avait encore « toute sa vie devant lui ».
« Depuis son départ, il y a un vide en moi. Ses souvenirs que j’ai avec lui me donnent plus de douleur que de joie, parce que je pense qu’il devrait encore être ici », a-t-elle poursuivi, des larmes dans la voix.
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La sœur de Nooran Rezayi a pris la parole lors de la veillée.
« Ils lui ont tiré dessus deux fois ! », a-t-elle crié. « Quel genre d’humain fait ça ? Pourquoi ? ! […] Policiers ou non, ces hommes sont des meurtriers ! »
Plusieurs personnes dans l’assistance ont éclaté en sanglots.
Ses parents n’ont pas souhaité prendre la parole publiquement lors de cette veillée.
De leur côté, les amis de Nooran Rezayi s’en sont remis au rappeur montréalais Raccoon pour porter leur message commun. En un an, le climat semble s’être considérablement dégradé entre eux et les policiers.
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Le rappeur montréalais Raccoon s’est exprimé au nom des amis de Nooran.
« On n’a rien fait, mais on nous traite comme si on a fait quelque chose », a souligné le rappeur, dénonçant une « intimidation à répétition des forces de l’ordre » envers les jeunes, qui se sentent plus que jamais « perçus et traités comme des criminels ».
« On veut faire confiance, on veut se sentir protégés. Pas de stéréotypes, de stress ou de situation où on se fait inutilement interroger », a-t-il clamé.
Alors que la nuit tombait, le cortège s’est ensuite déplacé vers le lieu où le jeune Nooran Rezayi a été abattu un an plus tôt jour pour jour, en scandant « Justice pour Nooran ! ». Arrivée sur place, la foule s’est recueillie lors d’une minute de silence. Des bougies et des gerbes de fleurs ont ensuite été déposées par plusieurs personnes.
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Le cortège s’est déplacé vers le lieu où le jeune Nooran Rezayi a été abattu un an plus tôt jour pour jour.
Plusieurs questions sans réponses
Les avocats de la famille de Nooran Rezayi, Me Fernando Belton et Me Virginie Dufresne-Lemire, étaient également présents lors du rassemblement.
Ils ont rappelé que 11 jeunes présents ce jour-là avaient été accusés de plusieurs infractions par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui avait été chargé par le Bureau des enquêtes indépendantes de mener une enquête sur les évènements. Peu de temps après, le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait suspendu cette procédure – du moins temporairement –, laissant les jeunes dans l’incertitude.
« Ces jeunes-là doivent continuer à essayer de vivre leur vie tout en sachant qu’ils vont peut-être être accusés et en essayant de vivre avec les traumas extrêmement graves qui découlent de ce qu’ils ont vécu », a souligné Me Virginie Dufresne-Lemire.
Ils ont également déploré le fait que la famille soit « maintenue dans le néant » tout au long des procédures judiciaires. En particulier, les parents de Nooran Rezayi ne connaissent toujours pas le nom du policier qui a tiré sur leur fils de 15 ans.
« La moindre des choses pour respecter la mémoire de Nooran est de tenter de rebâtir cette confiance fragilisée », a martelé Me Virginie Dufresne-Lemire.
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Me Virginie Dufresne-Lemire.
En décembre dernier, la famille de Nooran Rezayi a déclenché une poursuite contre le SPAL pour plus de 2 millions de dollars. Les proches du jeune défunt dénoncent un usage disproportionné de la force, puisque l’agent a tiré sur le garçon quelques secondes seulement après son arrivée.
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