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Tuesday, October 20, 2026

En Amérique latine, le soutien aux nouveaux dirigeants de droite s’effrite

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À quelques jours d’une élection au Brésil qui pourrait voir le retour de la droite au pouvoir, plusieurs sondages montrent un recul du soutien des citoyens aux dirigeants conservateurs récemment élus à travers l’Amérique latine.

De nouvelles enquêtes d’opinion au Pérou, en Colombie, au Chili et en Argentine suggèrent que les électeurs perdent patience face à des gouvernements élus sur la promesse de juguler la criminalité, de relancer des économies atones et de nouer des liens plus étroits avec le président américain Donald Trump.

La présidente conservatrice du Pérou, Keiko Fujimori, et son homologue colombien de droite dure, Abelardo de la Espriella, sont les derniers en date à voir leur popularité reculer.

Un sondage Ipsos diffusé la semaine dernière indique que le taux d’approbation de Mme Fujimori a chuté à 40 %, contre 57 % à sa prise de fonctions fin juillet, tandis que celle du président de la Espriella a reculé de plus de trois points au cours de son premier mois au pouvoir.

Au Chili, sur fond d’inquiétudes persistantes liées au crime organisé, seuls 30 % des interrogés approuvent l’action de José Antonio Kast — le président le plus à droite du pays depuis la fin de la dictature en 1990 -, un plus bas depuis le début de son mandat en mars, relève un récent sondage de Cadem.

En Argentine, le président ultralibéral Javier Milei, arrivé au pouvoir fin 2023, voit lui aussi ses indices de popularité plonger à des niveaux historiquement bas, un an avant sa tentative de réélection.

« Beaucoup de ces gouvernements ont suscité des attentes probablement irréalistes. Les gens veulent des résultats rapides, ce qui est impossible à obtenir », a déclaré à l’AFP Michael Shifter, chercheur au sein du groupe de réflexion Inter-American Dialogue à Washington.

Mais ce rejet a peu à voir avec l’idéologie, nuance-t-il.

« Je ne suis pas sûr que ce serait différent si ces gouvernements étaient de gauche », ajoute M. Shifter.

Une enquête d’opinion AmericasBarometer publiée en septembre et menée auprès de plus de 25 000 personnes dans 21 pays a mis en évidence un faible soutien aux dirigeants de huit pays membres de l’alliance « Bouclier des Amériques » de Trump : l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la République dominicaine, l’Équateur, le Guatemala, le Panama et le Paraguay.

« Actions concrètes »

L’impatience est particulièrement prononcée en Bolivie, où les électeurs ont évincé les socialistes au pouvoir de longue date sur fond de pire crise économique que le pays ait connue depuis 40 ans.

Le président Rodrigo Paz a été élu comme une alternative modérée et favorable aux entreprises. Mais au bout de six mois de mandat, des manifestants réclamant sa démission ont paralysé les principales villes par des blocages.

Beaucoup lui reprochent de ne pas être parvenu à mettre fin aux pénuries de carburant.

« Je pensais que ce serait différent, que les choses allaient changer », a confié à l’AFP Jamil Alanoca, étudiant en commerce de 19 ans.

De l’autre côté de la frontière, au Pérou, les électeurs se sont rendus aux urnes en avril et en juin dans l’espoir de voir diminuer les extorsions. Désormais, ils expriment leur frustration face à l’absence de résultats.

« Un problème qui existe depuis tant d’années (l’insécurité, NDLR) ne va pas se résoudre du jour au lendemain », pondère Guillermo Loli, directeur des sondages chez Ipsos Peru.

Mais « on devrait au moins voir des actions concrètes », estime-t-il auprès de l’AFP.

Pour le retraité chilien Leoncio Silva, le président Kast pourrait, avec plus de temps, venir à bout des gangs étrangers tenus responsables de la recrudescence de la violence dans son pays. « Attendons un an et voyons », dit-il.

L’exception Bukele

La grande fermeté adoptée par le président salvadorien Nayib Bukele contre les gangs lui vaut un véritable culte dans la région.

Celui qui se présente avec ironie comme le « dictateur le plus cool du monde » bénéficie d’une popularité de 83 %, selon l’enquête AmericasBarometer, après avoir fait chuter le taux de criminalité à des niveaux historiquement bas grâce à une vaste offensive sécuritaire.

Des résultats obtenus en incarcérant plus de 90 000 suspects dans le cadre d’un état d’exception en vigueur depuis quatre ans, que les organisations de défense des droits humains dénoncent comme marqué par de graves dérives.

Michael Shifter émet toutefois des doutes quant à la capacité à reproduire, ailleurs en Amérique latine, la recette de Nayib Bukele contre des gangs locaux, alors que plusieurs pays de la région affrontent des réseaux criminels transnationaux.

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