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Monday, October 19, 2026

"Le chemin d’Erevan": la COP17 a 10 jours pour accélérer la sauvegarde la biodiversité

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La capitale arménienne accueille 196 délégations à partir de ce lundi 19 octobre : les représentant des 195 pays qui ont ratifié la Convention sur la diversité biologique et l’Union européenne. Seuls les États-Unis et le Vatican restent en dehors de cette dynamique.

Cette COP17 biodiversité vise à faire avancer concrètement la mise en œuvre des décisions prises lors des deux dernières conférences. En 2022, la COP15 avait adopté à Montréal un cadre mondial pour la biodiversité. Il fixait 23 cibles, dont l’objectif "30x30": en 2030, 30% de la surface terrestre doit être protégée.

Respecter les engagements

La conférence d’Erevan ne doit donc pas formuler de nouveaux objectifs ou un nouveau traité. Les négociateurs discutent d’un ensemble de mesures appelé "le chemin d’Erevan", destiné à transformer le bilan en décisions concrètes. Il s’agit d’identifier les retards et les lacunes, puis décider des mesures correctrices pour accélérer l’action avant l’échéance de 2030.

Depuis 2022, plus des trois quarts des pays ont adopté des objectifs nationaux de biodiversité. Ils ont pris des mesures pour atteindre les 23 cibles visées. Mais le rythme des progrès est insuffisant pour y parvenir à temps. "Le résultat le plus important qui doit ressortir d’Erevan doit être un changement de cap clair : les gouvernements doivent aller au-delà de la simple réaffirmation de leurs promesses et s’accorder sur des mesures concrètes", selon An Lambrechts, experte en biodiversité à Greenpeace International.

La Wallonie aussi en retard

En Wallonie, nous sommes également encore loin de l’objectif des 30% des zones protégées. "Actuellement, nous sommes à 13% du territoire", indique Anne-Laure Geboes, chargée de mission biodiversité chez Canopéa.

Sur le terrain, les résistances à la protection réglementée de la nature restent fortes. "Il y a une forte opposition des propriétaires fonciers, parce qu’il y a une crainte des contraintes supplémentaires, souligne Anne-Laure Geboes. Nous avons une sylviculture qui peut être très intensive. Elle pourrait être améliorée pour concilier les objectifs : ne pas se focaliser uniquement sur la production et le profit immédiat, mais miser sur le long terme et l’adaptation au changement climatique. Restaurer la nature et protéger ce patrimoine permettrait à la fois d’assurer des revenus et de se protéger du changement du climat."

Des secteurs politiquement sensibles

Dans chaque pays, les progrès sont particulièrement lents dans les secteurs politiquement sensibles : l’agriculture, la pêche, les énergies fossiles, la surconsommation ou la production non durable.

L’agriculture, par exemple, n’est pas seulement une cause de perte de biodiversité, elle en est aussi l’une des premières victimes. Les agriculteurs subissent la baisse de fertilité des sols, la rareté de l’eau et la disparition des pollinisateurs. Le premier effort attendu du secteur agricole concerne les pesticides et les intrants chimiques. Les solutions sont connues : réduire leur usage, privilégier la lutte intégrée contre les ravageurs et ménager des zones refuges. Ces zones préservées permettent de protéger les insectes, les oiseaux et les pollinisateurs dont dépend environ 35% de la production agricole mondiale.

Préserver des fleurs tout au long de la saison, éviter les traitements pendant la floraison et maintenir des habitats non cultivés sont des mesures simples mais qui ont un impact significatif. Un verger peut ainsi laisser des bandes herbeuses et florales entre les rangées d’arbres, une exploitation céréalière peut conserver des haies et des talus, un maraîcher peut alterner cultures et fleurs mellifères. Ces choix soutiennent à la fois les rendements, la diversité biologique et la santé des écosystèmes.

Des aires marines mal protégées

La protection de la biodiversité marine reste également un sujet de préoccupation. La pêche, principale activité humaine affectant cette biodiversité, ne diminue pas. Elle augmente même, y compris dans les aires marines protégées. Le nombre de ces aires protégées a fortement augmenté ces dernières années, en lien avec l’objectif de protéger 30% des océans en 2030. Mais les niveaux de protection retenus restent extrêmement bas.

Une étude récente montre que la pêche industrielle s’y pratique toujours. "À part dans les quelques zones qui sont sous protection intégrale, où il n’y a pas de pêche autorisée, on voit la pression de pêche augmenter à l’intérieur de la majorité des aires marines protégées, lorsqu’on la compare avec ce qui se passait avant leur mise en place", explique le chercheur Joachim Claudet.

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