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Monday, October 5, 2026

Des collectes de déchets moins fréquentes réduisent la quantité d’ordures envoyée au dépotoir

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Au cours des dernières années, l’espacement des collectes de déchets a beaucoup fait jaser à Montréal, notamment dans le quartier Hochelaga, où l’expérience s’est révélée difficile. Mais réduire la fréquence de ces collectes tout en proposant une collecte hebdomadaire des matières compostables permet d’augmenter de façon importante la quantité d’ordures détournées de l’enfouissement, soutient une étude de l’Université Concordia.

Les doctorants Jonathan Wilansky, du Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université Concordia, et Kailun Cao, du Département des sciences économiques, ont examiné les politiques de collectes mises en place en Angleterre et au pays de Galles afin de vérifier si une collecte des déchets toutes les deux ou trois semaines avait un réel effet sur les habitudes des citoyens.

Pourquoi avoir choisi de s’intéresser à l’Angleterre et au pays de Galles ? Parce que les données étaient bien documentées et accessibles, fait valoir Jonathan Wilansky en entrevue. « On pouvait étudier les données de près de 300 districts. Ces districts ont des systèmes de collectes similaires, mais à des fréquences différentes. Dans certains cas chaque semaine ou toutes les deux ou trois semaines. »

Au Canada, ces données détaillées ne sont pas aussi complètes, soutient le chercheur doctorant.

Le cas de ces nations du Royaume-Uni était aussi intéressant parce que les taux de valorisation des déchets y sont plus élevés qu’au Canada, jusqu’à 70 % dans certains secteurs du pays de Galles. Statistique Canada a estimé qu’en 2022, 27,1 % des déchets avaient été détournés des dépotoirs au Canada pour être recyclés, compostés ou réutilisés. Au Québec, ce taux a atteint 31,5 %.

Selon Jonathan Wilansky, les statistiques en Angleterre et au pays de Galles montrent clairement que le taux de recyclage et de valorisation augmente quand la fréquence des collectes de déchets est réduite. Par exemple, les municipalités offrant une collecte hebdomadaire des restes de table et une collecte des résidus verts sans frais, tout en limitant la collecte des déchets toutes les trois ou quatre semaines, enregistraient un taux de récupération moyen de 59 %, contre 43 % pour les autres. « C’est une différence de 16 points de pourcentage. Ça ne semble pas beaucoup, mais 16 % des 36 millions de tonnes de déchets que les Canadiens produisent chaque année, ce sont 5,76 millions de tonnes de déchets qui ne sont pas envoyés aux sites d’enfouissement », explique Jonathan Wilansky.

Les données démographiques

Les deux doctorants ont aussi examiné d’autres paramètres, comme les données démographiques, le revenu des citoyens, le niveau d’éducation, et même la proportion d’étudiants dans les secteurs étudiés, afin de voir si ces derniers, considérés comme plus préoccupés par l’environnement, étaient de bons élèves en matière de réductions des déchets.

« Nous avons noté que les citoyens qui avaient un niveau de scolarité plus élevé recyclaient et compostaient davantage. Et nous pensions qu’une proportion plus élevée d’étudiants augmenterait ce taux. Mais ce n’est pas le cas. C’est le contraire », souligne Jonathan Wilansky.

Le revenu des ménages ne semble pas avoir d’effet sur les habitudes de recyclage et de compostage, ajoute-t-il. « Je ne peux pas vous expliquer pourquoi. Il faut chercher les raisons ailleurs. » Les deux doctorants ont aussi noté que, de façon générale, les personnes seules recyclaient et compostaient proportionnellement moins que les ménages composés de plusieurs membres.

Jonathan Wilansky ne s’aventure pas à expliquer les raisons des difficultés rencontrées dans Hochelaga sur l’espacement des collectes de déchets. Les données démographiques pourraient peut-être donner certaines réponses, indique-t-il. Montréal a déjà annoncé qu’elle comptait étendre cette mesure à tous les arrondissements.

En plus de réduire le nombre de collectes de déchets, les autorités devraient mettre davantage l’accent sur la sensibilisation des citoyens et l’atteinte d’objectifs plus ambitieux, croit Jonathan Wilansky. « Au Canada, nous avons un attachement très fort à la nature, mais nous produisons énormément de déchets. C’est une grande contradiction. »

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