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Sunday, November 1, 2026

Le salon Euronaval 2026 marque le retour de la puissance navale

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C'est un rendez-vous incontournable pour le naval de défense, le salon Euronaval ouvre ses portes ce mardi 3 novembre au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, et il promet d’être stratégique dans un contexte international en ébullition. Rencontre avec Philippe Missoffe, délégué général du GICAN, le syndicat professionnel de la filière navale.

RFI : Euronaval ouvre ses portes cette semaine dans un marché mondial en pleine croissance, comment évoluent les principales flottes de combat ?

Philippe Missoffe : Tous les deux ans, on réalise une étude qui nous permet de voir comment évolue la construction navale de défense. Ce qui est frappant, c'est que l'on est entré dans une phase de croissance sans précédent. Il y a 122 milliards de dollars de production entre 2024 et 2025, versus 82 milliards sur la période précédente. Donc, on a plus de 50 % de croissance en valeur et aussi en tonnage, produits durant ces deux dernières années. Les mers sont redevenues vraiment des espaces de compétition dans le monde entier. On voit que toutes les marines se renforcent.

Les salons ont toujours des dominantes, que va-t-on voir cette année à Euronaval ?

Cette année, vous allez voir toutes les évolutions, les nouvelles armes aussi, notamment les drones, qu'ils soient de surface, sous-marins ou aéromaritimes. Ces drones seront extrêmement nombreux et il y aura également tout ce qui concerne l'intelligence artificielle et le quantique qui sont nécessaires à cette dronisation. On va voir aussi beaucoup de missiles. On parle beaucoup en ce moment des missiles hypersoniques chinois et russes. La course à l'innovation dans ce domaine-là est ouverte.

Vous évoquez les innovations chinoises et russes. Il y a aussi la course à la puissance Chine-États-Unis. Elle est particulièrement vive, on le sait, sur le plan naval. Laquelle de ces deux nations est aujourd'hui numéro un sur les mers ?

La Chine a livré en deux ans 636 000 tonnes, c'est deux fois plus que le tonnage américain. Ils ont livré neuf sous-marins nucléaires d'attaque contre trois aux États-Unis et dix destroyers contre quatre. C'est aujourd'hui le premier rang mondial en termes de nombre de plateformes. L'Armée populaire de libération dispose de 418 bâtiments de combat. Et 40 % de cette flotte a aujourd'hui moins de huit ans. Donc, c'est une flotte qui est extrêmement moderne.

La filière navale française a réalisé l'an dernier, en 2025, près de 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Où se situe-t-elle dans le paysage industriel naval européen ?

Elle est parmi les leaders. La France est l'un des seuls pays au monde à savoir construire à la fois des navires à propulsion conventionnelle et à propulsion nucléaire. On est aussi en mesure de produire des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. La filière compte aujourd'hui plus de 750 entreprises. C'est aussi 46 000 emplois directs. Et c'est une filière qui est reconnue parce qu'elle exporte. Vous avez 36 % aujourd'hui du chiffre d'affaires qui se fait à l'export. Vous avez des contrats assez importants qui ont été remportés récemment avec les sous-marins Orka pour les Pays-Bas, les frégates de défense et d'intervention (FDI) qui ont été vendues à la Grèce et plus récemment à la Suède. On a en France une véritable richesse, la filière maîtrise l'ensemble du spectre, depuis le petit drone jusqu'au SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins, NDLR), en passant par le porte-avions de nouvelle génération. Ça nous permet d'avoir une chaîne de valeur qui est souveraine et complète.

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