Coupable d’homicide involontaire | Un conflit sur les réseaux sociaux vire au carnage sur le Plateau

Une banale chicane « amplifiée par les réseaux sociaux » s’est conclue par un carnage sur Le Plateau-Mont-Royal en 2024. Deux hommes et un adolescent se sont entretués. Le seul tueur survivant a plaidé coupable à une accusation réduite lundi.
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Un conflit « à l’apparence banale à première vue ». C’est ainsi que le procureur de la Couronne, Me Philippe Vallières-Roland, a résumé lundi ce triple meurtre survenu le 21 mai 2024. À l’époque, une flambée de violence affligeait la métropole. Il s’agissait des 14e, 15e et 16e meurtre de l’année.
Accusé de meurtre au second degré, Yero Savadogo, 21 ans, a plaidé coupable à un chef d’homicide involontaire lundi au palais de justice de Montréal. Il a reconnu avoir tué Alexandre Vatamanu Salamanca, un homme de 23 ans.
Les autres victimes sont Ulrick Peterson Célestin, 25 ans, et Ahmed Ouilal, un adolescent de 15 ans.
Le cœur du conflit n’a pas été précisé devant le tribunal.
Vers 19 h, la tension monte dans une large ruelle du « plan Mentana », un HLM du Plateau Mont-Royal. Trois groupes et une quinzaine de jeunes sont sur place. Un membre du groupe « des plus vieux », Ulrick Peterson Célestin – une des victimes – donne une claque à un membre d’un autre groupe.
Dès lors, la situation dérape.
Des bagarres au couteau font rage. L’ado de 15 ans poignarde Célestin, le tuant vraisemblablement sur le coup. C’est alors que les deux autres victimes, Alexandre Vatamanu Salamanca et Ahmed Ouilal – l’adolescent – se sont mutuellement poignardés dans le cou.
Pendant la bagarre, Yero Savadogoa – l’accusé – poignarde Salamanca à deux reprises au haut du corps. Les coups ne sont pas mortels. Mais comme il a participé à une « attaque de groupe », il est coupable d’un homicide involontaire.
PHOTO ARCHIVES FOURNIE PAR UN TÉMOIN
Le rassemblement de jeunes tel que capté par un témoin de la scène, quelques minutes avant qu’il ne dégénère en triple meurtre.
Le père d’Ulrick Peterson Célestin s’était confié à La Presse quelques jours après les meurtres.
« C’est dur, vraiment, pour trois familles différentes. Les jeunes ne peuvent pas s’entendre. S’il y a un problème, au lieu de sortir un couteau ou un pistolet, essayez de parler entre vous, essayez de trouver une solution positive », avait déclaré Jean-Marie Célestin avant d’éclater en sanglots.
La Couronne entend réclamer une peine de 10 à 12 ans de pénitencier, alors que la défense espère une peine de 4 à 5 ans d’incarcération. L’avocate de la défense, Me Sara Abdel-Malik, a mentionné que son client n’avait pas d’antécédent judiciaire. Son jeune âge risque aussi de peser dans la balance.
Les observations sur la peine auront lieu en octobre prochain devant le juge Alexandre Bien-Aimé. Une vidéo de huit minutes montrant la scène de carnage sera présentée pendant l’audience. Des proches de la victime et de l’accusé prendront aussi la barre.
Me Geneviève Bélanger fait équipe avec Me Vallières-Roland pour le ministère public.
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