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Monday, October 5, 2026

Bénévolat | Rencontre avec « l’homme le plus utile à Montréal »

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(L’Île-Bizard) À 28 ans, l’Écossais Callum McCadden s’est installé à Montréal pour apprendre le français et aider des inconnus gratuitement. Un défi pour lutter contre l’apathie numérique et le fatalisme ambiant, nous a-t-il expliqué entre deux tâches.

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Depuis la fin de juin, Callum a posé des clôtures, accueilli des visiteurs en kilt et porté un tronc d’arbre dans un défilé pour un festival écossais. Il a déchargé des bottes de foin, cuisiné et livré des repas, donné des cours d’anglais, promené des chiens et déménagé de nombreux meubles, entre autres.

Dans le cadre de son projet, baptisé L’homme le plus utile à Montréal, il s’est donné le défi de rendre des services bénévolement six jours par semaine, à des personnes toujours différentes.

En principe, l’offre est valable pour une tâche d’une à trois heures. En pratique, il arrive que ça déborde, comme lorsqu’il a préparé un repas pour un tournage étudiant de 30 personnes, courses et livraison incluses, en payant les aliments de sa poche. « Ç’a été une vraie leçon, je ne peux pas supporter ça avec mon budget, c’était la dernière fois », raconte-t-il en riant, et en français.

Après avoir travaillé et étudié dans le secteur de l’environnement et de la durabilité durant une dizaine d’années, Callum en a eu assez de regarder « le monde tomber en ruine » et de se sentir pris dans « une espèce d’apathie numérique avec l’impression qu’on ne peut rien changer ». Il a quitté son emploi au Royaume-Uni, dans un bureau de consultants en changements climatiques, et pris une année sabbatique. Désireux d’apprendre le français, il a choisi Montréal et s’est interrogé sur la suite.

Si vous êtes une jeune personne ambitieuse, quel devrait être votre objectif ? Faire le plus d’argent possible, et au diable l’environnement et la société ?

Callum McCadden

Pour ne pas rester coincé dans les « mêmes vieilles histoires », il a décidé de proposer « un nouveau récit », en essayant d’être « aussi utile que possible à la communauté ». Devenir l’homme le plus utile à Montréal en six mois est « un objectif inatteignable, mais les choses que je fais pour y arriver, elles, ont une valeur », plaide-t-il. Nous avons rencontré Callum par hasard, lors d’un reportage sur Amitonte, un organisme qui utilise des chèvres pour contrôler des plantes envahissantes1. Il aidait à décharger 400 lourdes bottes de foin à L’Île-Bizard. Exigeant, mais il y a pire.

« Déménager des divans et des frigos à quelque chose comme 35 degrés et 95 % d’humidité, ça, c’était affreux. Je n’ai jamais été si déshydraté de ma vie ! » La vice-présidente d’Amitonte, que nous avons recontactée par la suite, a apprécié le coup de main. « Il a très bien travaillé. Et il est venu du Plateau jusqu’à L’Île-Bizard, c’est vraiment impressionnant. »

Fenêtres et déménagements

Gabrielle Archer, qui habite près de la station de métro Jolicoeur, dans le Sud-Ouest, a fait appel à lui pour une tâche qui attendait depuis un an : poser une pellicule sur ses fenêtres. « Il faut être deux et la plupart de mes amis habitent le Mile End ou la Petite Italie, j’avais un peu honte de leur demander de venir chez moi pour faire un truc comme ça », explique Mme Archer au téléphone. Le projet « s’est très bien passé » et elle a recommandé Callum à tous ses amis.

Addy Croxon, l’une des personnes que Callum a aidées à déménager alors qu’il faisait « super chaud » le 1er juillet dernier, a beaucoup apprécié son aide pour sortir les gros meubles – y compris le démontage d’une table qu’elle pensait devoir abandonner parce qu’elle ne passait pas par la porte.

Il y a beaucoup d’emplois formels que vous pouvez occuper pour aider la communauté, mais ça, c’est vraiment unique. Et ce sont des choses pour lesquelles on ne trouve généralement pas d’aide gratuite.

Addy Croxon

Callum a offert ses services sur plusieurs plateformes, mais s’est heurté à un écueil inattendu. « Il y a des gens qui, à partir du moment où je dis que c’est gratuit, cessent de me répondre. Parce qu’on est tous tellement habitués de payer pour avoir quelque chose, j’imagine. » Quand il n’a pas de tâche, il s’en invente une. Comme prendre des BIXI aux stations près de l’Université McGill, toujours pleines le matin, pour que les étudiants aient une place en arrivant. Ou ramasser des déchets dans sa rue.

De l’argent... à redonner

Rendu à la moitié de son projet de six mois, il envisage de légers ajustements. Bien qu’il n’accepte aucun paiement, il s’est un jour donné le défi de faire le plus d’argent possible pour le redonner dans la même journée. Il a promené un chien, offert du sang à une recherche universitaire et ramassé des cannettes, le tout pour seulement 65 $. La vidéo – il en réalise une par tâche pour offrir un exemple inspirant – a été très populaire, de sorte qu’il envisage de refaire l’expérience, toujours en redonnant l’argent.

Il aimerait aussi produire plus de vidéos thématiques, comme celle où il aide des retraités à débloquer leur ordinateur, à ranger leur sous-sol et à déplacer des meubles. « Mais ça demande plus de temps, donc je ne pourrais plus produire une vidéo par semaine… à moins de passer toute la semaine en montage, ce qui ne serait pas utile à qui que ce soit. » Détenteur d’un permis vacances-travail de deux ans, Callum souhaite rester ici une fois le projet terminé. « Je voudrais avoir un boulot à Montréal, mais avant, je dois bosser sur mon français », dit-il en détachant soigneusement les syllabes.

1. LISEZ l’article « Des chèvres pour contrôler la végétation envahissante » CONSULTEZ le site de Callum McCadden

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