Le Resto du Cœur voit se présenter un nouveau public : "La première fois que je suis entré, j’ai éprouvé de la gêne"

Farid, 59 ans, a poussé les portes du resto du cœur de Charleroi pour la première fois il y a un mois et demi. En quatre ans, Farid a connu la dégringolade. Il a perdu son emploi, connu un divorce, dû vendre sa maison, perdu les allocations de chômage. Franchir la porte la première fois n’a pas été évident. "Avant d’entrer, la première fois, j’ai éprouvé de la gêne. Non pas que je me sentais supérieur aux habitués du Resto, mais je n’avais jamais connu cela. C’était la première fois. Ça a été un choc. Mais j’avais faim. Ou je franchissais le pas, ou je ne mangeais pas".
Henry, 58 ans, a éprouvé un sentiment proche : "c’était compliqué. Vraiment compliqué. Avec ma femme et mes enfants, quand nous voyions un reportage sur le Resto du Coeur, on se demandait ce qui avait bien pu arriver à ces gens pour qu’ils aient un tel besoin d’aide. J’ai tout eu. Une maison, une voiture, une société… Et puis on se rend compte un jour que les difficultés peuvent toucher n’importe qui". Lui non plus n’avait jamais imaginé un jour devoir solliciter de l’aide, un simple repas.
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