Dette, déficit, inflation : la Belgique peut-elle faire ce qu’elle veut avec son budget ?

Après que le Premier ministre Bart De Wever a remis sa démission au Roi et que ce dernier l’a refusée, la présidente de la N-VA Valérie Van Peel a jugé, dans une interview au journal Le Soir, qu’il était indispensable de réaliser des économies supplémentaires, sans quoi la Belgique doit s’attendre à des mesures plus sévères, "en invoquant le FMI". Et de préciser que si le gouvernement fédéral ne parvient pas à un accord, les marchés financiers et le Fonds monétaire international (FMI) décideront à la place de l’Arizona, avec des mesures bien plus lourdes.
Si l’Union européenne peut imposer des mesures budgétaires à la Belgique, ni les marchés financiers, ni le FMI ne peuvent directement imposer des mesures au gouvernement fédéral. Ils pourraient toutefois exercer de fortes pressions qui conduiraient la Belgique à adopter des mesures plus sévères.
Dans ses recommandations du 23 février 2026, le FMI estime que l’économie belge fait preuve de résilience mais qu’elle "reste marquée par d’importants déficits budgétaires structurels, une dette publique croissante, une compétitivité dégradée et une position extérieure affaiblie". Il plaide par conséquent pour un "renforcement de la consolidation budgétaire", la poursuite des réformes fiscales et la "participation des régions et des collectivités locales à l’ajustement budgétaire".
Il s’agit bien de recommandations, pas d’obligations formulées par le FMI. Si la Belgique avait besoin d’une assistance financière du FMI, l’aide pourrait par contre être assortie de conditions mais on n’en est pas là. Il est à noter que depuis les recommandations du FMI, la situation budgétaire de la Belgique s’est encore aggravée, notamment en raison de la hausse spectaculaire des prix de l’énergie.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a également exhorté la Belgique à assainir son budget, ce mardi 3 novembre.
Pour ce qui est des marchés financiers, la Belgique y emprunte régulièrement de l’argent pour financer son déficit et sa dette. Si les marchés perdent confiance dans sa capacité à se refinancer, le danger, c’est que les créanciers de la Belgique pratiquent des taux d’intérêt plus élevés, ce qui creuserait encore le problème. Et c’est déjà le cas : le taux d’emprunt à 10 ans est à 4,42%, soit le plus haut niveau depuis 2012.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.