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Tuesday, October 20, 2026

Diabète et surpoids : des scientifiques découvrent que ce régime alimentaire fait mieux que les médicaments

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Vous connaissez le terme « diabésité » ? Il est parfois utilisé par les médecins pour désigner l'association simultanée et relativement fréquente d'une obésité (notamment un excès de graisse viscérale) et d'un diabète de type 2, le fameux « diabète gras » survenant le plus souvent à l'âge mûr.

Si la progression fulgurante de ces deux maladies dans le monde préoccupe aujourd'hui les médecins, c'est qu'elles font le lit de nombreuses pathologies : infarctus du myocarde, hypertension artérielle, arthrose, stéatose hépatique non alcoolique (maladie du foie gras), apnée du sommeil, cancers, etc. Elles représentent donc aujourd'hui un défi majeur de santé publique qui incite de nombreux chercheurs à explorer de nouvelles pistes capables d'améliorer la glycémie tout en réduisant l'excès de poids. C'est ce qu'ont fait des chercheurs chinois de Shanghai et de Zhengzhou.

Un microbiote appauvri par une alimentation déséquilibrée favorise le diabète de type 2

Une nouvelle étude montre qu'une alimentation déséquilibrée conduit à une composition appauvrie du microbiote intestinal et favorise les maladies métaboliques comme le diabète. Les chercheurs souhaitent faire passer un message de prévention, en soulignant qu’une alimentation plus et mieux diversifiée permet d'améliorer le microbiote.... Lire la suite

Dans un article publié dans Frontiers in Microbiology, ils montrent qu'en ciblant l'équilibre du microbiote intestinal, dont de plus en plus d'études montrent qu'il est impliqué dans le diabète et le surpoids, on fait mieux que les médicaments pour prendre en charge ces maladies.

Une nouvelle piste pour lutter simultanément contre le diabète et le surpoids

Pour mettre ce résultat en évidence, ils ont recruté 48 personnes âgées de 18 à 70 ans chez qui un diabète de type 2 venait d'être diagnostiqué. Tous avaient un taux initial d'hémoglobine glyquée (HbA1c) compris entre 6,5 % et moins de 9,0 % ainsi qu'un indice de masse corporelle (IMC) d'au moins 24 kg/m2.

Ces volontaires ont été répartis dans deux groupes :

  • un premier de 36 personnes qui ont bénéficié d'un régime riche en fibres (dont raffolent les bactéries intestinales !) sans traitement médicamenteux ;
  • un second de 12 personnes qui recevaient de la metformine, le traitement classique du diabète de type 2.

Dans le groupe « fibres », les participants bénéficiaient de conseils diététiques visant à augmenter la part des aliments riches en fibres (légumes, produits à base de soja, champignons, algues, fruits...) et recevaient des compléments alimentaires fournissant des fibres alimentaires à la fois solubles et insolubles (fibres de blé, d'avoine et d'orge, inuline, fructo-oligosaccharides, xylo-oligosaccharides, etc.).

Des fibres alimentaires pour réguler la glycémie : le rôle clé du système immunitaire intestinal

Sans un système immunitaire intestinal fonctionnel, les fibres alimentaires contenues dans les fruits et les légumes ne peuvent pas contribuer efficacement à la régulation de la glycémie dans le corps. Une étude fait état de la découverte d'un type spécifique de cellules immunitaires qui aideraient à transformer ces fibres alimentaires en éléments utiles pour réguler le taux de sucre dans le sang. Une découverte essentielle pour progresser dans la prévention des troubles métaboliques comme le diabète.... Lire la suite

À différents moments du suivi de 84 jours, les chercheurs ont prélevé des échantillons de selles (analyse des bactéries intestinales et de leurs gènes, ainsi que des métabolites microbiens) afin de suivre l'évolution de ces différents paramètres dans le temps. La glycémie était suivie en continu et l'évolution de l'hémoglobine glyquée a été mesurée à plusieurs reprises au cours de trois mois.

Les fibres alimentaires nourrissent les bactéries bénéfiques du microbiote intestinal. Et les effets pourraient être plus puissants que la metformine. © 69, Adobe Stock (image générée à l’aide de l’IA)

Moins de sucre dans le sang et de kilos sur la balance

Après 84 jours, les volontaires du groupe « fibres » présentaient un taux d'HbA1c inférieur à celui des volontaires traités par metformine (6,3 % contre 6,7 % respectivement). Idem pour l'IMC qui était de 28,4 kg/m2 dans le groupe « fibres » contre 30,2 kg/m2 dans le groupe « metformine ».

La mesure du glucose en continu a par ailleurs révélé une variabilité glycémique plus faible dans le groupe « fibres », ainsi qu'une masse grasse corporelle totale et des concentrations de triglycérides plus basses. Les volontaires du groupe « fibres » avaient également consommé moins d'énergie (graisses, sucres...).

Côté microbiote, les analyses montrent que la consommation de fibres modifie significativement les communautés microbiennes, et ce, dès le 28e jour, ce que ne fait pas la metformine. Les chercheurs notent en effet dans le microbiote des volontaires du groupe « fibres » :

  • la prolifération de bactéries bénéfiques, notamment de Bifidobacterium et Lactobacillus ;
  • la régression de Bilophila wadsworthia, une bactérie associée à l'inflammation chronique néfaste.

Plus intéressant encore : les analyses fonctionnelles ont mis en évidence, dans les selles des volontaires du groupe « fibres », une abondance accrue du gène bactérien fhs codant pour l'enzyme « formate-tétrahydrofolate ligase ». Celle-ci est impliquée dans la production d'acétate, un acide gras à chaîne courte (AGCC) bénéfique issu de la fermentation des fibres capable de stimuler la sécrétion de GLP-1 ou Glucagon-Like Peptide-1, connu pour améliorer la sensibilité à l’insuline et favoriser la satiété.

Les chercheurs ont également observé dans ces selles une diminution des gènes sarD et dsr impliqués dans la production de sulfure d'hydrogène H2S, un composé microbien associé aux déséquilibres du microbiote (dysbiose) et qui peut favoriser l'inflammation ou perturber la régulation métabolique, notamment la signalisation du GLP-1.

Quels sont les aliments les plus riches en fibres ?

Les fibres alimentaires sont les parties comestibles d’une plante qui ne peuvent être digérées ou absorbées dans l’intestin grêle et parviennent intactes dans le gros intestin. Elles contribuent à prévenir la constipation en augmentant le poids des selles et en réduisant la durée du transit intestinal. Reste à savoir quels aliments en sont le plus pourvus. En voici le top 10… parfois surprenant.... Lire la suite

Cette étude apporte des éléments relativement solides suggérant qu'une intervention diététique ciblée, riche en fibres et d'une durée de 84 jours, améliore mieux que la metformine le taux d'HbA1c et l'IMC chez des patients atteints de « diabésité ». Certes, c'est une étude exploratoire présentant plusieurs limites (courte durée, nombre limité de patients dans le groupe « metformine »...) et dont les résultats devront être confirmés par des études de plus grande ampleur, mais ils apportent un éclairage nouveau et particulièrement intéressant sur la puissance du microbiote pour la gestion de maladies chroniques comme le diabète et l'obésité.

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