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Sunday, September 27, 2026

Voici l'appareil oublié qui pourrait faire chuter votre facture d'électricité

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L'argument est développé par trois chercheurs de l'université de technologie de Sydney, dans le prolongement du déploiement massif de batteries résidentielles observé en Australie. Il repose sur un constat simple : l'eau chaude sanitaire représente une part considérable de la consommation énergétique d'un logement, et cette consommation est déplaçable dans le temps.

Le précédent des batteries

Le point de départ tient à un fait mesurable. Plus de 450 000 batteries domestiques ont été installées en Australie au cours des dix-huit mois précédant juin, auxquelles s'ajoutent plusieurs installations à l'échelle du réseau.

Selon les auteurs, cet équipement a permis de se passer de l'équivalent de deux grandes centrales à gaz pendant le pic de consommation du soir, moment où les prix atteignent leur maximum.

Ils y voient l'une des raisons pour lesquelles les craintes d'une flambée des prix de l'électricité, liées au conflit iranien, ne se sont pas matérialisées : la dépendance au gaz, énergie coûteuse, a reculé.

Ce déploiement rapide illustre selon eux la capacité du secteur à répondre vite lorsque les subventions publiques rendent l'équation économique favorable.

Pourquoi l'eau chaude ?

Le chauffage de l'eau représente environ 25 % de la consommation énergétique d'un logement australien moyen, et constitue le premier poste d'émissions de gaz à effet de serre du foyer, du fait du recours au gaz.

Les ordres de grandeur donnent la mesure du gisement. Chaque Australien consomme environ 50 litres d'eau chaude par jour. Pour une famille de quatre personnes équipée d'un cumulus électrique classique, cela représente environ 13 kilowattheures quotidiens, soit à peu près la capacité de certaines batteries domestiques.

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D'où l'estimation avancée par ces chercheurs : des systèmes électriques efficaces offriraient une capacité de stockage équivalente à deux millions de batteries résidentielles, avec plusieurs milliards d'économies sur les factures.

L'écart de coût entre foyers est par ailleurs considérable. Un ménage équipé d'un chauffe-eau électrique et de panneaux solaires peut ne rien payer pour son eau chaude, tandis que 40 % des logements australiens fonctionnent encore au gaz pour cet usage, avec une facture pouvant dépasser mille dollars australiens par an.

L’Australie prouve qu’avec des incitations économiques et des chaînes d’approvisionnement efficaces, les ménages adoptent massivement les batteries domestiques en un temps record. © damircudic, iStock

Le rôle des pompes à chaleur et du pilotage

Deux évolutions techniques rendent cette perspective crédible. Les chauffe-eau thermodynamiques, qui prélèvent la chaleur de l'air ambiant, réduisent nettement la consommation nécessaire pour chauffer l'eau, jusqu'à 72 % de coûts de fonctionnement en moins selon les auteurs. Ils fonctionnent y compris par températures basses.

Le second levier tient au pilotage. Associés à une horloge, à un compteur communicant ou à d'autres dispositifs de commande, ces appareils peuvent être programmés pour fonctionner en journée, au moment où la production solaire est abondante. Le ballon d'eau chaude devient alors un moyen simple et peu coûteux de stocker de l'énergie solaire.

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Un dispositif entré en vigueur le 1er juillet dans certains États australiens prévoit des plages horaires d'électricité gratuite. Couplé à un chauffe-eau piloté, il permettrait aux locataires et aux habitants d'appartements dépourvus de panneaux solaires de réduire sensiblement leur facture.

Les quatre mesures proposées

Les auteurs formulent des recommandations à l'intention des pouvoirs publics, sur le modèle des subventions dégressives ayant accompagné le solaire puis les batteries.

  • Étendre à l'ensemble des États les aides existantes pour les chauffe-eau thermodynamiques, aujourd'hui limitées à deux d'entre eux, et les ouvrir à d'autres appareils électriques pilotables, en les accompagnant d'une campagne d'information.
  • Créer un dispositif de mise à niveau des chauffe-eau électriques existants, par ajout d'horloges ou raccordement aux compteurs communicants, afin de les rendre capables de réagir aux signaux de prix ou aux besoins du réseau.
  • Imposer par la réglementation la présence de dispositifs de pilotage sur tout appareil neuf, et relever les exigences minimales de performance énergétique.
  • Cibler spécifiquement les locataires et les habitants d'appartements, souvent exclus des programmes destinés aux maisons individuelles occupées par leurs propriétaires.

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Ils suggèrent également un appui aux industriels pour développer des modèles compacts et moins coûteux, adaptés aux logements disposant de peu d'espace extérieur.

Ce que cette proposition suppose

Il s'agit d'une prise de position argumentée, formulée par des chercheurs spécialisés dans la flexibilité de la demande énergétique, et non d'un constat neutre.

Deux éléments méritent d'être connus pour la situer.

Les trois auteurs déclarent des financements provenant d'agences publiques australiennes de l'énergie renouvelable et de programmes de recherche coopératifs. L'un d'eux mentionne également un financement reçu d'un industriel du chauffe-eau pour ses travaux sur ces systèmes et sur la flexibilité de la demande.

Le raisonnement est par ailleurs étroitement lié au contexte australien : forte pénétration du solaire résidentiel, coûts d'installation parmi les plus bas au monde, et surtout persistance du gaz dans un logement sur deux ou presque pour l'eau chaude.

En France, la configuration diffère sensiblement. Le chauffe-eau électrique à accumulation y est largement répandu, et le pilotage par tarification heures pleines et heures creuses existe de longue date. Le chauffe-eau thermodynamique y fait par ailleurs l'objet d'aides publiques. L'enjeu s'y pose donc moins en termes de conversion depuis le gaz que d'adaptation des horaires de chauffe à la production solaire, dont la part progresse.

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