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Wednesday, October 28, 2026

Les 56 oracles d’Hermès : Quand les Anciens lançaient des osselets pour prédire l’avenir

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Pour interroger l’avenir, les marchands de la ville de Kibyra, en Asie Mineure, s’en remettaient au dieu Hermès en consultant l’oracle des astragales. Ils lançaient des osselets avant de lire les prédictions gravées sur un monument.

Sur le site de la ville antique de Kibyra (ou Cibyra), en Turquie, des archéologues ont mis au jour un pilier de calcaire gravé d’inscriptions correspondant aux présages de l’oracle des astragales, autrement dit un astragalomanteion. Il se trouvait autrefois sur l’agora de la cité. 

Kileci et al., 2026

Que va-t-il se passer demain ? Aurai-je de la chance en affaires, est-il risqué de partir en voyage, vais-je rester en bonne santé ? Pour combler l’incertitude par une prédiction, les anciens Anatoliens interrogeaient le dieu Hermès par le biais de l’astragalomancie. Cette pratique divinatoire s’en remettait au hasard, en l’occurrence un lancer d’astragales (un os de la patte arrière des ovins et des caprins), pour désigner un présage.      
Cette tradition mantique était très courante au Levant, mais elle était aussi présente dans le sud de l’Asie Mineure au cours des premiers siècles de notre ère. On la connaît surtout grâce à la mise au jour d’osselets, mais, sur le site de Kibyra, en actuelle Turquie, c’est un astragalomanteion qui a été découvert en 2024 – autrement dit, le pilier sur lequel étaient inscrites les prédictions. Une équipe de chercheurs turcs a étudié en détail cette découverte exceptionnelle, qui nous permet de comprendre les préoccupations quotidiennes des anciens Anatoliens.

Découverte en Turquie d’un astragalomanteion

Le monument en question, un astragalomanteion, se présente sous la forme d’un bloc de calcaire en forme de parallélépipède, haut de 1,24 mètre. Chacune de ses quatre faces porte des inscriptions gravées en grec ancien. Il est à peu près certain, puisque le sommet du bloc comporte une cheville et un orifice, qu’un second bloc était situé au-dessus – supportant peut-être une statue d’Hermès. Il date du 2e ou du 3e siècle de notre ère, alors que Kibyra faisait partie de l’Empire romain ; ses habitants parlaient alors plusieurs langues locales en plus du grec. 

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