Adieu viaduc Van Horne ? | Le Plateau et Rosemont prêts à couper le pont

Exit le viaduc Van Horne. C’est ce que proposent les maires de Rosemont–La-Petite-Patrie et du Plateau-Mont-Royal, quitte à perdre ce lien routier entre leurs arrondissements.
Publié à
Les deux élus de Projet Montréal rejettent les deux scénarios que l’administration Martinez Ferrada leur a présentés pour remplacer la structure en toute fin de vie : construire un nouveau viaduc ou percer un passage souterrain pour franchir la voie ferrée qui sépare les quartiers.
« On ne voit pas l’utilité de dépenser un demi-milliard de dollars pour reconstruire une “autoroute” dans les airs ou une autoroute sous terre », fait valoir François Limoges, maire de Rosemont, dans une entrevue récente avec La Presse au sujet du fameux viaduc. Ces structures « gâchent les quartiers, font une coupure d’un autre siècle ».
« Est-ce qu’on peut imaginer d’autres projets qui ne sont pas uniquement réfléchis pour la circulation automobile ? », renchérit Cathy Wong, son homologue du Plateau.
C’est clair que, pour nous, refaire une “autoroute” n’est pas la solution.
Le viaduc Rosemont-Van Horne, inauguré en 1972, atteindra la fin de sa vie utile en 2030. Il est emprunté par plus de 15 000 voitures et 270 autobus par jour et constitue un lien important entre les quartiers centraux de l’est et de l’ouest de Montréal.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
Le viaduc Rosemont-Van Horne
Conclusions rejetées
Les deux solutions (passage au-dessus ou en dessous du rail) sont issues d’un rapport d’ingénieur de 2024. L’analyse rejetait le scénario promu par M. Limoges et Mme Wong parce qu’il aurait « un impact important sur les services d’urgence, les opérations de la Société de transport de Montréal et le temps de parcours des usagers du transport collectif ».
Mais François Limoges n’est pas convaincu par cette analyse. L’ampleur du chantier forcera tous les usagers du viaduc à trouver des solutions de rechange, a-t-il plaidé.
« Pendant cinq ans, les services d’urgence vont passer ailleurs et vont être capables d’aller rescaper les gens. Pendant minimum cinq ans, les autobus vont passer ailleurs », a-t-il expliqué. « De toute façon, les habitudes vont avoir changé. »
Au conseil municipal de septembre, l’élu responsable des infrastructures au comité exécutif, Alan DeSousa, avait indiqué que la décision n’était pas encore prise quant à l’avenir du viaduc.
« On est en train d’envisager toutes les options », avait dit M. DeSousa. « Nous avons une responsabilité de regarder les besoins de tout le monde, tous les utilisateurs, toutes les personnes qui ont besoin d’être transportées. »
« La démolition serait une catastrophe »
En marchant sur les trottoirs étroits et désagréables du viaduc, les deux maires d’arrondissement expliquent leurs visions complètement différentes – mais compatibles – pour l’avenir de la zone.
Cathy Wong aimerait conserver la partie du viaduc qui se trouve sur le territoire de son arrondissement et qui est devenu un lieu de rendez-vous pour les artistes et les sportifs.
« Pour moi, la démolition serait une catastrophe pour tout ce qu’on a développé sous ce viaduc-là », dit-elle. « C’est un lieu de culture […], un lieu immensément utilisé. Habité par des résidants, des artistes, des skaters, aujourd’hui aussi par des personnes vulnérables en situation d’itinérance. »
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Un spectacle du groupe Puffer, sous le viaduc Van Horne, en mai 2025.
Le maintien d’une moitié de la structure permettrait aussi de conserver « une des plus belles vues qu’on a sur le Mile End, sur Rosemont », avec la volonté d’en faire un attrait touristique. « Ce legs urbain, il faut y réfléchir sur les 50 prochaines années. »
François Limoges, pour sa part, préférerait que l’on rase « sa » partie de l’ouvrage. Les environs – notamment l’ancien garage de la STM à l’angle des rues Saint-Denis et de Bellechasse – devraient à terme être transformés en écoquartier.
« C’est l’un des derniers grands quartiers résidentiels qu’on peut construire dans les arrondissements centraux », expose l’élu. « On ne peut pas faire ça avec ce type d’infrastructure en plein milieu. Donc, on a besoin d’une alternative qui n’est pas de reconstruire un tunnel ou un viaduc. »
Une passerelle devrait continuer à permettre les déplacements à pied (et peut-être à vélo) entre les deux arrondissements, de l’avis des deux maires.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.