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Thursday, October 1, 2026

Exécution ratée de Christa Pike aux Etats-Unis : itinéraire d’une condamnation polémique

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Christa Pike a été condamnée, en 1996, pour le meurtre de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans un programme de formation professionnelle. Christa Pike n’avait que 18 ans au moment du crime commis sous fond de rivalité amoureuse.

Christa Pike a été jugée coupable d’avoir frappé Colleen Slemmer avant de la taillader avec un instrument de boucher avant de la tuer. La jeune femme a, par la suite, emporté un morceau d’os de sa victime. Sur les lieux du crime, la police affirme avoir retrouvé des symboles satanistes, gravés sur le corps de Colleen Slemmer.

Au moment des faits, Christa Pike n’était pas seule. Son compagnon de l’époque, Tadaryl Shipp, 17 ans, était présent tout comme une autre jeune fille, Shadolla Peterson.

Après un procès retentissant, seule Christa Pike a été condamnée à mort. Son compagnon avait échappé à la peine capitale. Etant mineur à l’époque et la peine capitale étant réservée aux personnes majeures, Tadaryl Shipp avait été condamné à la prison à vie. De son côté, Shadolla Peterson a bénéficié d’une peine avec sursis après avoir témoigné contre ses deux camarades.

Face à cette ultime manœuvre des avocats de Christa Pike, l’État du Tennessee a alors saisi en urgence la Cour Suprême des Etats-Unis pour réclamer la levée de cette suspension, invoquant "l’intérêt de l’Etat à une résolution finale" de ce dossier ainsi que le droit des proches de la victime à "tourner la page". Les avocats de Christa Pike ont exhorté la Cour Suprême à s’abstenir de toute intervention, faisant valoir que "l’exécution de Mme Pike entacherait le système judiciaire et minerait la confiance de la population dans son intégrité".

Une heure avant l’exécution de l’Américaine de 50 ans, la Cour suprême des Etats-Unis, à majorité conservatrice, a finalement autorisé celle-ci.

Depuis de nombreuses années, les opposants à la peine de mort réclament que l’enfance traumatique de Christa Pike soit prise en compte. Amnesty International dénonce le fait qu’au moment du procès, et faute d’avocats expérimentés dans telles affaires, "les jurés n’ont pas eu connaissance de l’ampleur des violences et des maltraitances subies par l’accusée durant son enfance et n’ont pas pu bénéficier d’une analyse d’expert pour les aider à comprendre leurs répercussions".

Début septembre, des experts mandatés par l’ONU ont appelé à suspendre l’exécution et à commuer sa peine. Les États continuant à appliquer la peine capitale doivent "respecter strictement les garanties du droit international", dont le plein respect des droits de la défense, "la prise en compte individualisée de toutes les circonstances atténuantes, y compris le passé de traumatismes et de violences et une véritable opportunité de demander une grâce ou une commutation de peine", selon ces experts.

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