«Honte et colère»: après les violences du 17 octobre en France, Macron promet fermeté et dialogue

Emmanuel Macron a pris la parole depuis l'Élysée, dimanche 18 octobre, au lendemain d'une journée de mobilisation contre la « vie chère » marquée par de graves débordements dans plusieurs villes de France. Alors que de nouveaux heurts ont éclaté dans la journée, le président de la République a assuré que les auteurs de violences et de pillages seront sévèrement punis. Il a aussi annoncé que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunirait bientôt tous les acteurs de la vie sociale et politique pour « construire » des solutions quant aux revendications sociales.
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Huit minutes et 40 secondes : c'est le temps durant lequel Emmanuel Macron s'est exprimé à la nation française, ce 18 octobre. Une allocution très attendue, alors que les colères se mêlent et vont crescendo dans le pays. La journée de mobilisation contre la « vie chère » de samedi réunissait ainsi lycéens et étudiants, citoyens mis à mal par les prix du carburant et un pouvoir d'achat insuffisant, militants pour le climat, gilets jaunes...
L'air grave, le président de la République a condamné fermement les scènes de violences et de pillages vues samedi. « Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte », a-t-il déclaré en dénonçant « des factieux issus de groupuscules d'ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants » qui « se sont livrés à une violence débridée dans nos villes ». « Jamais nous ne devons confondre » les manifestants aux « revendications légitimes » avec « ceux qui ont détruit, cassé, pillé ».
« En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé comment des Français peuvent faire cela à la France », a poursuivi Emmanuel Macron, avant de marteler : « Rien ne le justifie, rien ne l'explique, rien ne l'excuse. »
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« Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement »
Dans la soirée, le ministère de l'Intérieur a communiqué de nouveaux chiffres sur la journée de samedi : 2 397 personnes interpellées, 997 policiers et gendarmes blessés dont sept gravement. Face à une stratégie de maintien de l'ordre vivement critiquée, le président a promis que « toute la transparence sera faite » et a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de « tirer toutes les leçons » et de donner « des réponses claires ».
Mais Emmanuel Macron s'est voulu très clair quant aux actes de délinquances de samedi : « Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser. » Et dans les prochains jours, les préfets, pour « protéger nos villes », pourront « interdire » certains rassemblements, a annoncé le chef de l'État.
Enfin, le président a annoncé que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunira « dans les prochains jours » l'ensemble des partis politiques afin de condamner les violences mais aussi les syndicats, organisations étudiantes, collectivités et parlementaires afin de « construire » des solutions quant aux revendications sociales. « Nous ne pouvons demander à notre jeunesse de croire en l'avenir sans lui donner la possibilité de construire les réponses et d'être autour de la table. (...) Chacun doit prendre ses responsabilités. Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade », a-t-il insisté.
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