Ambiance glaciale à la Maison-Blanche à l’approche des midterms: “Le président réduit de plus en plus son cercle de proches”
Une atmosphère morose règne à la Maison-Blanche à l’approche des élections de mi-mandat, prévues mardi prochain, selon le New York Times. Celui--ci se base sur des conversations avec plus d’une douzaine de personnes proches du pouvoir. Le président Trump semble changer constamment de direction et réduirait progressivement son cercle de conseillers de confiance. Quant à ses détracteurs, ils essuient ses foudres.
MB, KVDS
Source: HLN, Reuters, The New Republic, The Economist
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Trump passe une grande partie de son temps dans sa salle à manger privée, située à côté du Bureau ovale. Il y regarde la télévision, parcourt des piles de documents imprimés et d’articles de presse, et passe des appels téléphoniques. Un espace a été aménagé pour son assistante personnelle, Natalie Harp, surnommée “l’imprimante humaine”, qui travaille depuis quelques semaines dans cette pièce plutôt que dans son bureau habituel.
Selon le New York Times, le président s’est de plus en plus isolé ces derniers temps et s’entoure d’un cercle toujours plus restreint, qui ne lui dit que ce qu’il souhaite entendre.
Inquiétude à la Maison-Blanche
Dans les couloirs de la Maison-Blanche, l’inquiétude grandit à l’approche des élections de mi-mandat. Beaucoup redoutent ce qui pourrait se produire si les républicains perdaient le contrôle du Congrès, comme le prédisent les sondages. La Chambre des représentants et le Sénat pourraient tous les deux basculer vers des majorités démocrates. Les tensions internes sont à leur comble et le renouvellement du personnel est important.
En parallèle, Trump parcourt le pays pour prononcer des discours, parfois décousus, lors de meetings organisés en soutien aux candidats républicains. Certains voient son arrivée d’un mauvais œil et tentent de prendre leurs distances avec le président le plus impopulaire de l’histoire du pays, selon les sondages. La cote nette d’approbation de Trump est tombée à -27, avec 31% d’opinions favorables, selon les chiffres de The Economist et du service d’analyse de données YouGov.
En coulisses, des conseillers ont déjà averti les collaborateurs de Trump que, dans certains endroits, sa présence risquait de faire plus de mal que de bien. Mais le président balaie ces mises en garde et s’en prend violemment aux articles de presse négatifs. Le comédien Bill Maher a notamment essuyé ses foudres après avoir critiqué le président dans son émission.
Furieux, Trump a dicté à Harp, après la diffusion de l’émission, un message d’environ 1.300 mots, publié dimanche soir sur sa plateforme Truth Social. “Tu n’as rien d’innovant, tu es un perdant! Je regardais déjà à peine ton émission, mais désormais, je ne la regarderai plus jamais”, a-t-il éructé.
Des meetings à la chaîne
Ces derniers jours, Trump s’est également vanté auprès de ses proches de toujours mobiliser les foules lors de ses meetings, tout en se comparant au vice-président JD Vance, qui “ne mobilise pas grand monde” lors des événements où il est la tête d’affiche.
Ces apparitions en public ne sont toutefois pas qu’une affaire d’audience. Discours lunaires, applaudissements clairsemés et, de plus en plus souvent, ces événements sont interrompus par des protestataires. Le 7 octobre, à San Antonio, au Texas, le discours de Trump a été interrompu près d’une douzaine de fois par des manifestants qui criaient depuis les gradins. De même à Clarksville (Tennessee) le 10 octobre, puis à Youngstown (Ohio) le 12 octobre. Lors du rassemblement du 19 octobre à Park City (Kansas), onze personnes ont été escortées vers la sortie. Le 20 octobre, à Greenville (Caroline du Nord), cinq autres personnes ont été expulsées, suivies d’au moins douze autres à Pendleton, le 21 octobre.
Spectacle et perturbations
D’autres personnes vont également voir Trump sur scène comme on irait au spectacle. Un journaliste de Fox News, chaîne ultra-conservatrice qui soutient le président envers et contre tout, a involontairement fait le buzz en interviewant un membre de l’audience en Caroline du Sud. “Il n’y a rien de tel que de voir une secte de ses propres yeux, mec”, lui a répondu l’homme, faisant référence au massacre de Jonestown, le suicide collectif de plus de 900 fidèles d’une secte en 1978. Le journaliste a rapidement battu en retraite.
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Trump, de son côté, ne cesse de répéter qu’il travaille extrêmement dur, tant en public qu’en privé. “Je travaille jusqu’à l’épuisement”, déclarait-il encore au début du mois dans le Tennessee. “Vous avez plutôt intérêt à aller voter.” Il a pourtant dû annuler certains meetings, mais a très mal pris qu’un journaliste de Reuters lui demande si c’était pour raison de santé. “Je me sens parfaitement bien”, lui a-t-il rétorqué. “Tu es répugnant. Reprends-toi en forme. Tu as une tête à faire peur.”
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