"Je suis vraiment désolé" : Steven Spielberg a passé 50 ans à déplorer l'impact des Dents de la mer

C'est un classique du cinéma qui aura pourtant causé bien des dégâts : "Les Dents de la mer". Malgré l'immense succès de son film, Steven Spielberg regrette d'avoir contribué à donner aux requins une image aussi terrifiante.

Dents de scies, mangeur d'hommes, monstre des mers, ou machine à tuer, voici les nombreux termes péjoratifs utilisés pour décrire le requin. Une réputation largement entretenue par Les Dents de la mer, le célèbre film effrayant de Steven Spielberg. Pourtant, la réalité est quelque peu différente. Le cinéaste en a lui-même pris conscience, au point de passer des décennies à tenter de réparer l'image de cet animal marin qu'il a, malgré lui, contribué à façonner.
Steven Spielberg rongé par la culpabilité
Dans une interview accordée à la BBC Radio 4 en 2022, Spielberg n'a pas cherché à minimiser sa responsabilité dans la mauvaise réputation dont souffrent les requins depuis la sortie de son film : "Je regrette encore aujourd'hui l'anéantissement de la population de requins causé par le livre et le film", tout en ajoutant : "Je suis vraiment désolé." Pour rappel, ce classique noté 4 sur 5 par les spectateurs AlloCiné et primé aux Oscars est adapté de l'ouvrage éponyme de Peter Benchley paru en 1974, soit deux ans avant le long-métrage.
Depuis cinquante ans, Spielberg a une crainte : "Non pas d'être dévoré par un requin, mais que les requins m'en veuillent d'une manière ou d'une autre pour la frénésie de pêche sportive qui a suivi 1975." En effet, après la sortie du livre et du long-métrage, des pêcheurs se sont mis à traquer l'animal pour le plaisir de capturer et de tuer ces prédateurs, en imitant notamment le personnage de Quint, incarné à l'écran par Robert Shaw.
L'organisation Shark Stewards, qui œuvre à la protection des requins et de leur habitat marin, souligne également les conséquences du film sur la perception de ces animaux. Selon elle, Les Dents de la mer a largement contribué à faire évoluer les mentalités, mais dans le mauvais sens : "L'attitude générale envers les requins est passée d'une indifférence et d'une mauvaise gestion des pêcheries à un mépris pur et simple."
D.R.
L'écrivain a lui-même tenté de se racheter
Peter Benchley, qui est également co-scénariste du film, a lui aussi regretté les conséquences de son livre. Il a consacré une partie de sa vie à réhabiliter l'image de ces animaux marins qu'il avait contribué à diaboliser : "Les requins n'attaquent pas les humains et ne sont certainement pas rancuniers", a-t-il expliqué. L'écrivain est même allé plus loin, en avouant : "Avec le recul, je n'aurais jamais pu écrire ce livre aujourd'hui."
Une prise de conscience qui l'a conduit à changer radicalement de regard sur cette espèce en déclin. Devenu un fervent défenseur de leur protection, Benchley a ensuite consacré une partie de sa vie à sensibiliser le public à leur rôle essentiel dans l'équilibre des écosystèmes marins. Un exemple de
Pour rappel, Les Dents de la mer ont bénéficié de trois suites non réalisées par Spielberg. La première est signée Jeannot Szwarc (1983), la seconde par Joe Alves (1983) et enfin la troisième est réalisée par Joseph Sargent (1987).
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