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Thursday, October 1, 2026

Mission « Crew 13 » | L’astronaute canadien Joshua Kutryk décolle pour la Station spatiale internationale

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(Merritt Island) La première réaction de l’astronaute canadien Joshua Kutryk lorsqu’on lui a annoncé jeudi qu’il avait atteint l’espace a été un sentiment d’incrédulité.

Publié à Mis à jour à

Kelly Geraldine Malone La Presse Canadienne

« Je n’y crois pas encore vraiment », a déclaré le colonel Kutryk après avoir appris que l’équipage était en orbite, environ 10 minutes après son décollage de Floride dans le cadre de la mission « Crew 13 » de la NASA et de SpaceX à destination de la Station spatiale internationale.

« Ça fait quand même bizarre, par contre. »

PHOTO JOHN RAOUX, ASSOCIATED PRESS

Joshua Kutryk

Âgé de 44 ans, il est spécialiste de mission au sein de l’équipage de quatre personnes, qui comprend la commandante Jessica Watkins et le pilote Luke Delaney, de la NASA, ainsi que le cosmonaute de Roscosmos Sergueï Teteriatnikov, également spécialiste de mission.

Il a remercié ses collègues et ses amis, ainsi que sa famille.

À la NASA, à l’Agence spatiale canadienne et à l’Aviation royale canadienne : merci pour tout ce que vous avez fait pour nous permettre d’en arriver là. C’est le début de ce qui, je l’espère, sera une mission longue, sûre et marquante. À ma famille : Heather, Peter et Anna, vous me manquez. Et à tous les autres, merci pour votre soutien. Il est temps pour l’équipage 13 de se mettre au travail.

L’astronaute canadien Joshua Kutryk

Avant le lancement, M. Kutryk a déclaré que les membres de l’équipage se sentaient comme « parmi les personnes les plus chanceuses au monde ».

Dans un message en français préenregistré publié mercredi sur les réseaux sociaux, il a déclaré que c’était avec humilité et une grande fierté qu’il représenterait le Canada pendant sa mission.

L’équipage passera six mois à la station à mener des expériences, à effectuer des recherches et à participer à des travaux de maintenance essentiels.

La Station spatiale est bien loin de la ferme d’élevage où Joshua Kutryk a grandi, dans l’est de l’Alberta, mais il a confié que cette mission lui permettrait de réaliser le rêve de toute une vie.

Un domaine de coopération continue

PHOTO JOE SKIPPER, REUTERS

Joshua Kutryk en compagnie de sa femme et ses deux enfants

La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a assisté au lancement depuis le sol – le premier lancement spatial auquel elle ait jamais assisté. Mme Joly a déclaré mercredi qu’elle n’ignorait pas que M. Kutryk voyagerait avec un Russe et deux Américains.

La ministre canadienne a déclaré qu’il était important que de pouvoir montrer que, malgré le conflit commercial, le Canada et les États-Unis étaient capables de coopérer dans le domaine de l’exploration spatiale.

Mme Joly a été en première ligne de la guerre commerciale que le président américain, Donald Trump, a menée contre le Canada, d’abord à titre de ministre des Affaires étrangères, puis dans le cadre de ses fonctions actuelles, où elle est chargée d’atténuer bon nombre des effets des droits de douane.

L’exploration spatiale reste un domaine de coopération continue, a souligné Mme Joly. Elle doit rencontrer l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, lors de son séjour en Floride pour le lancement.

Soulignant les contributions essentielles du Canada en matière de robotique à cette installation, notamment le célèbre Canadarm et son successeur Dextre, Mme Joly a soutenu que la Station spatiale internationale symbolisait la manière dont les pays peuvent et doivent travailler ensemble.

Les tensions entre le Canada et les États-Unis ont été évoquées lors de la conférence de presse de prélancement de la NASA mercredi.

On a demandé à Mathieu Caron, directeur du programme des astronautes, des sciences de la vie et de la médecine spatiale à l’Agence spatiale canadienne, si certaines des déclarations visant le Canada ne constituaient pas une source de distraction.

M. Caron a répondu qu’au cours de ses trois décennies de carrière consacrées au projet de la Station spatiale internationale, l’accent avait toujours été mis sur la sécurité de l’équipage et la réussite de la mission.

Il a affirmé que cet engagement était vrai il y a 27 ans et l’est encore aujourd’hui. Il a certifié que l’agence spatiale canadienne est ravie de continuer à travailler avec ses partenaires.

Cela ne signifie pas pour autant que le Canada ne cherche pas à diversifier ses partenariats spatiaux, parallèlement à la diversification de son économie, a précisé Mme Joly. Elle a ajouté que la NASA était en train de modifier son modèle de fonctionnement et que le Canada devait en tenir compte et se tourner vers d’autres pays pour nouer des partenariats et favoriser l’innovation.

Cela implique de collaborer plus étroitement avec les industries spatiales européennes et japonaises, ainsi qu’avec d’autres pays de taille moyenne.

L’espace, cette industrie

En évoquant Spaceport Nova Scotia, un nouveau site de lancement orbital commercial, Mme Joly a indiqué que l’espace était important pour le Canada. Selon elle, il est essentiel pour une puissance industrielle d’avoir une capacité souveraine de lancement spatial.

Mme Joly a aussi indiqué que le plan industriel de défense du Canada reconnaît l’importance du secteur spatial et que de nouveaux fonds ont été alloués à l’Agence spatiale canadienne. Elle a ajouté que le Canada doit miser sur le volet industriel des investissements spatiaux pour créer des emplois au niveau national, tout en redoublant d’efforts dans les domaines de la science et de la recherche civile.

Un nouveau président de l’Agence spatiale canadienne sera nommé dans les semaines à venir, a annoncé Mme Joly. Une nouvelle stratégie spatiale sera dévoilée dans les mois à venir, qui promouvra les objectifs du Canada : créer des occasions, jouer un rôle plus important dans le secteur et envoyer davantage d’astronautes hors de la Terre, a-t-elle ajouté.

Mme Joly s’est dite très impatiente d’assister au lancement de M. Kutryk dans l’espace et l’a qualifié d’excellent ambassadeur du Canada : humble, intelligent et dévoué à la mission.

M. Kutryk devra également faire face à une situation particulière pendant son séjour de plusieurs mois dans l’espace : son épouse doit accoucher de leur troisième enfant.

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