Les élus pressés d’en faire plus pour le transport sur la Rive-Sud de Montréal

Un mois après la rentrée scolaire, des intervenants du secteur du transport collectif dressent le bilan sur la Rive-Sud, dans la région de Montréal. Ils ont noté plusieurs problèmes, dont le fait que plusieurs centaines d'usagers n'ont pu monter à bord d'autobus, par manque de place. Les intervenants régionaux demandent ainsi au nouveau gouvernement du Parti québécois d'en faire plus.
Cette année en Montérégie, depuis la rentrée, on a eu des augmentations de 2 à 4 % de croissance d’achalandage, selon les secteurs. On a eu beaucoup de surcharges dans notre réseau, je pense que ça vient annoncer une certaine stagnation de notre capacité
, dit Marc Rousseau, le directeur général d’exo.
Il déplore qu’au cours du seul mois de septembre, plus de 400 usagers de la Couronne-Sud de Montréal aient dû laisser passer un, voire deux autobus, faute de place à bord.
Presque la moitié de la clientèle d’exo est étudiante. Ça me préoccupe, parce que les étudiants sont notre clientèle du futur qui va nous aider à décongestionner les routes
, explique le directeur général d’exo. Si on n’arrive pas à les garder dans le réseau, on ne réglera pas le problème de congestion.
L'une de ces étudiantes, Fatimata, déplore la situation actuelle.
Ça me fâche, parce qu’on paye super cher pour nos passes d’autobus et parfois je suis en retard à l’école.
Marc Rousseau constate que la société de transport collectif n’a pas reçu de financement additionnel depuis la pandémie. On est à 95 % du service qu’on offrait prépandémie, on n’a jamais été capable de revenir au service qu’on avait avant, faute de financement.
Les cas de fort achalandage décrits par le dirigeant d'exo concernent toutefois des secteurs ou des lignes d’autobus précises. Des citoyens de Sainte-Julie, par exemple, se disent satisfaits du service et de la gratuité du transport en commun dans leur ville.
Cependant, bien d'autres municipalités sont loin de pouvoir en dire autant. Elles doivent composer avec du sous-financement chronique, tout en faisant face à une population croissante, comme le souligne Marilyn Nadeau, présidente de la Table des préfets et élus de la Couronne-Sud.
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Onze municipalités sans transport collectif
La présidente de la Table des préfets et élus de la Couronne-Sud se désole de voir le service être réduit dans certaines des six MRC qu’elle représente. L’année dernière, Québec s’est retiré du jour au lendemain du programme de compensation des municipalités rurales.
Le programme permettait d’offrir 5 millions de dollars par an, qui servaient notamment à financer les transports dans 19 municipalités rurales, dont certaines étaient situées en Montérégie. Sans l’investissement de Québec, le financement du programme est réduit à 2,5 millions de dollars annuellement.

Marilyn Nadeau est la présidente de la Table des préfets et élus de la Couronne-Sud. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
C'est un coup dur, selon Marilyn Nadeau, qui souligne que 11 municipalités sur son territoire n’ont tout simplement pas de réseau de transport collectif. Huit autres municipalités sont contraintes d'offrir un service réduit, comme Saint-Mathieu-de-Beloeil, où les autobus ne passent qu'aux heures de pointe.
La population est croissante et on doit diminuer l’offre de service, c’est vraiment aberrant.
Elle souhaiterait avoir accès à du financement plus pérenne et voir la décentralisation des prises de décisions relatives au développement du transport.
Des stationnements du REM bondés dès 7 h
Depuis la rentrée scolaire, l’achalandage du REM a aussi affiché une croissance. C’est notre première rentrée avec un réseau aussi étendu et ça paraît. [...] On est à 40 % au-dessus de nos cibles
, déclare Francis Labbé, directeur adjoint aux relations médias de CDPQ Infra.
Ce dernier soutient que le REM enregistre environ 130 000 passages par jour depuis le mois de septembre. Les gens qui viennent se stationner constatent qu’il y a plus de voitures, beaucoup plus tôt
, explique M. Labbé.

Le REM enregistre environ 130 000 passages par jour depuis septembre, selon le porte-parole de CDPQ Infra, Francis Labbé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas
J’ai de l’accompagnement pour éviter de perdre du temps à chercher de la place
, dit l'utilisatrice du REM Eloah Opimbat. Parfois, même à 7 h, il n’y a plus de places de stationnement, souvent les lundis et mercredis.
Depuis le début de la rentrée, nos équipes cherchent à trouver des solutions. Au moment où on se parle, des pistes sont à l’étude de façon sérieuse, et on pourrait avoir de bonnes nouvelles pour la Rive-Sud dans les prochaines semaines
, soutient M. Labbé, qui rappelle que le vélo, le transport en commun ou les services d'autopartage, tels que Communauto, demeurent les meilleurs moyens de se rendre aux stations du REM.
J’espère que du financement sera annoncé. Dès que le ministre des Transports va être nommé, on va assurément demander une rencontre
, affirme Marc Rousseau.
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