La Corée du Nord et la Russie s’offrent une frontière terrestre : le rapprochement est géostratégique et militaire

Le poste frontière russe pourra accueillir 300 véhicules et 2325 personnes, précise un communiqué du Kremlin. Le nouvel axe terrestre offre donc de nouvelles perspectives économiques. Pour la Corée du Nord, c’est un pied de nez aux sanctions internationales qui ciblent le pays en raison de son programme nucléaire. Pyongyang est en réalité loin d’être étranglée. Elle connaît un boom économique depuis 2023, selon des chiffres avancés par la banque centrale sud-coréenne fin juillet. Les échanges de plus en plus importants avec la Russie en sont le moteur.
Il s’agit d’une relation en quelque sorte donnant-donnant entre deux régimes autocratiques totalitaires.
L’historienne Galia Ackerman explique que le tourisme est en plein essor : "Des resorts (complexes hôteliers ndlr) ont été créés spécialement pour recevoir des enfants de la nomenclature coréenne et les enfants russes".
Les usines d’armement tournent aussi à plein régime pour alimenter à grande échelle la Russie en obus et armement.
Et puis, "la Corée du Nord envoie également des ouvriers pour servir, par exemple, dans les chantiers et dans les usines sibériennes. Parce qu’en Russie, il y a une certaine dépopulation, il y a beaucoup de gens qui sont mobilisés, d’autres qui ont fui le pays. La paie n’est pas donnée aux ouvriers, mais directement à des responsables en Corée du Nord".
En échange, la Russie procure à la Corée du Nord (sous le coup de sanctions internationales) de la nourriture et des biens de consommation courante, et, poursuit Galia Ackerman, "elle participe au développement des armes stratégiques coréennes. C’est-à-dire qu’il s’agit d’une relation en quelque sorte donnant-donnant entre deux régimes autocratiques totalitaires, qui profitent l’un de l’autre en diminuant leur isolement dans le monde grâce à cette coopération".
La Chine est également un partenaire commercial de poids. Un pont, encore un, va d’ailleurs relier les deux pays par-dessus le fleuve Yalu. "C’est un message", souligne l’historienne franco-russe, "que ce qu’on peut appeler l’axe totalitaire, c’est-à-dire la Chine, la Corée du Nord, la Russie et l’Iran, est toujours vivace, vivant et dangereux".
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.