Peu de précipitations | Septembre, un mois sec presque partout au Québec

La terre craquelée, des ruisseaux asséchés, des rivières particulièrement basses… Vive l’arrière-saison ensoleillée, mais en commençant à émerger de la campagne électorale, on relève la tête et on se questionne : a-t-il seulement plu, en septembre ? Environnement Canada confirme : ça a été sec, très sec. Inquiétant ?
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Sur le très bas niveau de certains lacs et rivières, fin de non-recevoir du ministère québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. « Le ministère n’accordera pas d’entrevue sur le sujet », nous a-t-on répondu.
Au barrage Témiscaming – l’une des stations où Environnement Canada récolte des données, à la frontière entre le Québec et l’Ontario –, c’est un record : 10 millimètres de pluie pour tout septembre, « du jamais vu depuis 1910, année où on a commencé à colliger des statistiques », indique Peter Kimbell, météorologue chez Environnement Canada.
En septembre, ça a été sec partout au Québec, sauf sur la Côte-Nord, où les précipitations mensuelles se situent près de la normale.
À Montréal, en moyenne, il tombe 89,2 millimètres de pluie en septembre. On n’en a reçu cette fois que 50,6 millimètres. « Et 80 % de ces 50,6 millimètres sont tombés en deux jours, les 8 et 9 septembre », relève M. Kimbell.
Mais ça n’a rien à voir non plus avec ce qu’on a vécu l’année dernière au Québec, rappelle Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie au département de géographie à l’Université du Québec à Montréal.
L’été et l’automne 2025 ont de fait été marqués par un temps historiquement sec, avec ce que cela a supposé en longues vagues de chaleur, en incendies de forêt, en pénuries d’eau à plusieurs endroits – des villes et villages comme Saint-Alexandre, en Montérégie, en étant réduits à se faire livrer de l’eau par camions-citernes pour alimenter les pluies.
On n’en est pas là cette année et on n’a pas vécu des canicules dramatiques comme en Europe, loin de là.
Dans la région de Québec, de la Beauce et de l’Abitibi, l’été a été peu arrosé, mais Montréal et la région du Pontiac sont loin d’avoir eu à faire la danse de la pluie. Gatineau a même reçu trois fois plus de pluie en juillet que la moyenne de ce mois, habituellement.
M. Gachon rappelle aussi que plusieurs régions – les Laurentides, notamment – ont connu un printemps très tardif.
Espérer qu’octobre remplisse ses promesses
Bref, même si septembre a été particulièrement sec, ce n’est pas dramatique, mais il faudra que le mois d’octobre – le mois normalement le plus pluvieux de l’année à Montréal – vienne compenser ce déficit en précipitations, note M. Gachon.
Il fait observer qu’au-delà des précipitations, le Québec doit de toute urgence viser une meilleure gestion intégrée de l’eau, ce qui, à son avis, est loin d’avoir été une priorité ces dernières années au ministère de l’Environnement. « En Montérégie, mentionne-t-il par exemple, plusieurs entreprises se construisent le long des cours d’eau et utilisent directement l’eau disponible dans les canalisations des municipalités ».
PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE
Nathalie Pelletier, mairesse de Magog
À Magog, la mairesse Nathalie Pelletier n’a pas à être convaincue de l’importance d’avoir un plan d’action. L’an dernier, le lac a été si bas que la saison de navigation avait été écourtée, des hauts fonds plus nombreux ayant causé des bris aux embarcations. La ville a aussi reporté l’investissement prévu pour l’ajout d’une troisième turbine à la centrale électrique locale. Et cette année, lorsqu’on a rencontré Mme Pelletier dans le cadre de la campagne électorale provinciale, le niveau du lac et son état ont été les premiers enjeux soulevés comme étant primordiaux dans sa municipalité.
Pourquoi si peu de pluie en septembre ?
Pourquoi a-t-il si peu plu en septembre ? Parce qu’on a eu moins de « queues » d’ouragan jusqu’ici ? El Niño frappe en effet davantage du côté Pacifique, donc loin de nous, mais même en temps normal, mis à part la Gaspésie et la Côte-Nord, le Québec n’est pas si affecté par ces restes de tempêtes tropicales.
Si septembre a été sec, c’est plutôt « parce que des crêtes de haute pression ont prédominé en septembre et que les systèmes météorologiques se sont donc déplacés davantage vers le nord que vers le sud ».
Y a-t-il des moments dans l’année où il est particulièrement important qu’il pleuve au moins suffisamment pour faire le plein ? « Les deux périodes cruciales, c’est l’automne et l’hiver », répond M. Gachon, en raison d’une évaporation moindre à l’automne et l’hiver, « parce que 20 à 30 % de la recharge de la nappe phréatique vient du manteau neigeux ».
Un seul mois (sec) n’est pas suffisant pour établir une tendance de fond, rappelle Lynn St-Laurent, porte-parole d’Hydro-Québec, qui souligne néanmoins que « depuis 2023, on a une faible hydraulicité » et que c’est néanmoins extrêmement cyclique.
« Depuis la création d’Hydro-Québec, les périodes de faibles et de forte hydraulicité se succèdent », explique-t-elle.
Elle rappelle qu’il y a à peine quelques années, en 2017-2018, « il y avait tellement d’eau qu’on faisait des déversements ».
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