Villeneuve, le Rocky québécois

Rocky Balboa est un boxeur italo-américain inconnu, sans moyens, qui obtient un jour la chance d’affronter le champion du monde des poids lourds à l’occasion du bicentenaire des États-Unis. Et son destin change à jamais.
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Gilles Villeneuve est un coureur automobile québécois inconnu, sans moyens, qui obtient un jour la chance d’affronter des pilotes de Formule 1 à l’occasion du Grand Prix de Trois-Rivières. Et son destin change à jamais.
Rocky ne l’a pas facile. On ne croit pas en lui. Tout le défavorise. Il doit trimer dur. Ne jamais lâcher. Et compter sur l’amour de ses proches pour avancer.
Villeneuve ne l’a pas facile. On ne croit pas en lui. Tout le défavorise. Il doit trimer dur. Ne jamais lâcher. Et compter sur l’amour de ses proches pour avancer.
Rocky est un film de fiction.
L’histoire de Villeneuve est une histoire vraie. Dont il fallait à tout prix faire un film. J’oserais dire : dont il fallait à tout grand prix faire un grand film.
Parce que le Québec a besoin de héros québécois. De héros de Berthierville. De héros qui font du ski-doo. De héros qui baragouinent l’anglais. De héros avec des parents simples et bons. Comme les nôtres. De héros un peu gênés, mais qui ne se laissent pas piler sur les pieds. Comme nous.
Parce que pour aimer les autres, il faut d’abord s’aimer. Et en aimant Gilles Villeneuve, on aime qui on est. D’où l’on vient.
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE
Gilles Villeneuve au Grand Prix du Canada de 1981, à Montréal
Je sais, film ou pas, Gilles Villeneuve est déjà un héros depuis longtemps. Mais un héros que les 50 ans et moins n’ont pas connu. N’ont pas vu. Ils connaissent ses exploits, ses frasques, son brio, bref, sa légende, mais ils ne l’ont pas ressentie. En eux, en dedans.
C’est la magie du cinéma. Non seulement il peut faire revivre un héros disparu, mais le cinéma peut faire vivre aux spectateurs les sensations que cette personne a fait vivre aux gens de son temps. Tomber sous son charme, admirer son audace, s’attacher à sa famille, peser sur le gaz avec lui. Toute cette gamme d’émotions que nous, ses contemporains, avons éprouvée, étalée sur de trop brèves années, le public du film va passer à travers, en moins de deux heures. À vitesse grand V. À vitesse GV.
Ce qui fait que pour beaucoup de Québécois, Gilles Villeneuve ne sera pas seulement un héros respecté dont on a entendu parler, mais un héros qui les aura fait triper. Solide. Le temps d’une vue et plus longtemps encore. Parce que les films qui nous font triper restent en nous pour l’éternité.
Rocky, vous ne l’avez jamais oublié, Villeneuve : L’ascension d’une légende, vous ne l’oublierez pas non plus.
Dans 10 ans, 15 ans, un enfant qui n’est pas encore né pourra s’identifier au prodigieux pilote. Parce que les films ne meurent pas.
Devoir de mémoire réussi.
Pour Mélanie Villeneuve, la fille de Gilles, la sortie de ce film, c’est la ligne d’arrivée d’une course qui aura duré presque dix ans. Ça prenait du gaz !
Préserver le souvenir de son père, c’est la mission qu’elle s’est donnée.
PHOTO LAURA PROCTOR, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Mélanie Villeneuve
Il y a bien eu des cérémonies, des hommages, des reconnaissances, autant en Europe qu’ici, pour saluer le petit prince en Ferrari, mais pas d’opérations concertées impliquant la famille. C’est ce que Mélanie Villeneuve s’est mis en tête de réussir.
Au fil des rencontres avec d’autres personnes animées du même désir, l’ambitieux projet de biopic est devenu réalité. C’est pour ça qu’au générique vous voyez son nom en tant que productrice exécutive, aux côtés du producteur Christian Larouche, du coproducteur Marc Côté, du producteur associé Tim Ringuette et des producteurs exécutifs Christian Simoneau et Fabrice Barrilliet.
En vocabulaire de voiture, le démarreur, c’est elle.
Et tant qu’à faire rouler le générique, il importe tellement de nommer le réalisateur Yan Lanouette Turgeon, les scénaristes Guillaume Lonergan et Daniel Roby, les acteurs Rémi Goulet, Rosalie Bonenfant, Patrice Robitaille, Anick Lemay, Fabien Cloutier…
Une belle gang de talents de chez nous qui a réussi à faire un film de chars, avec des chars qui vont vite et des cœurs qui battent fort. Un film de chars et de cœurs. Un film de héros.
C’est quoi, un héros ? C’est quelqu’un pour qui l’on prend. Ce n’est pas quelqu’un qui gagne tout le temps. Mais c’est quelqu’un qui ne nous perd jamais.
C’est ce que Villeneuve a réussi.
PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE
Gilles Villeneuve célèbre sa deuxième position au Grand Prix du Canada de 1979.
C’est ce qu’on retient en sortant de la salle de projection.
Sa famille, son épouse, ses enfants, ses amis, ses mécaniciens prenaient pour lui. Parce qu’il avait cette sincérité d’âme qui donne cette envie.
C’est pour ça que lors du Grand Prix de Trois-Rivières, on a beau savoir le résultat, on a peur pour lui, on force avec lui.
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