Coup de chapeau à l’eau potable de Québec
Les robinets de la capitale québécoise versent la meilleure eau du Québec, selon un concours mis en place par le Réseau Environnement. La ville à l’accent d’Amérique détrône ainsi Saint-Eustache, récipiendaire de la palme en 2025.
Ce couronnement a eu lieu à l’occasion du Symposium sur la gestion de l’eau tenu mercredi à Victoriaville. Ce dernier, organisé par le Réseau Environnement, culmine depuis 13 ans avec le Concours de la meilleure eau du Québec visant à saluer le travail de l’ombre des équipes municipales.
« La Ville de Québec était très contente, souligne Mathieu Laneuville, président et directeur général du Réseau Environnement. C’était beau de voir leur réaction, ils ont sauté de joie. C’est un milieu qui est moins sexy, mais c’est intéressant de le mettre de l’avant. Nous ouvrons le robinet et nous prenons [l’eau qui en coule] pour acquis, mais il y a beaucoup de gens qui travaillent derrière ça. »
Le jury de cinq personnes a sacré l’eau de la station de Sainte-Foy, qui puise son eau directement du fleuve Saint-Laurent, au terme d’une dégustation à l’aveugle qui opposaient quinze stations différentes. Elle a récolté les grands honneurs grâce à son goût, son odeur et son apparence, explique M. Laneuville.
« On souhaite que l’eau ait la plus grande clarté, qu’elle soit sans turbidité, incolore et transparente, note-t-il. Des fois, il y a des eaux, malheureusement, qui ont des odeurs de terre, de chlore, de sous-bois. Nous autres, nous allons chercher la plus grande neutralité. »
Le jury a souligné la neutralité de l’eau de Sainte-Foy, « caractérisée par une odeur et un goût très peu perceptibles » et par « son pH bien équilibré ». Une « légère acidité » aux vertus « rafraîchissantes » a aussi démarqué la Ville de Québec au cours de la compétition.
Un œnologue professionnel et spécialiste de l’analyse sensorielle, Jérémie d’Hauteville, faisait partie du jury que complétaient aussi des professionnels du domaine de l’eau. Sainte-Foy a devancé Chomedey, à Laval, tandis que la station de Charlesbourg, encore une fois à Québec, ferme la marche et termine en troisième place.
« Une richesse collective »
La Ville de Québec avait remporté les grands honneurs à deux reprises par le passé, mais pour l’eau traitée à la station de Beauport. C’est la première fois que Sainte-Foy se hisse en haut du palmarès.
Le Concours de la meilleure eau du Québec comporte également un prix du public dont l’issue diverge des lauréates plébiscitées par le jury. Les participants et les participantes du symposium ont plutôt récompensé les stations de Windsor, de L’Assomption et, avec une performance ex-aequo, de Trois-Rivières et de Pont-Viau, encore une fois à Laval.
Aux yeux de Mathieu Laneuville, ce concours permet de mettre en lumière la qualité de l’eau traitée par les municipalités. « Il y a parfois des gens qui se questionnent et qui préfèrent se tourner vers l’eau embouteillée. C’est bien de rappeler que notre eau, elle est bonne, elle est fiable et que nous pouvons en être fiers au Québec. C’est une richesse collective qui mérite d’être valorisée. »
L’eau de la station de Sainte-Foy s’envolera en juin prochain pour San Diego, où elle aura l’occasion de s’illustrer à l’échelle nord-américaine à l’occasion du concours Best of the Best Water Taste Test de l’American Water Works Association. Le Québec n’a jamais remporté la palme à ce concours international, bien que Sherbrooke ait récolté la médaille d’argent en 2018.
Cette année, c’est l’eau de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, qui a ravi la couronne.
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