Meurtre de la baronne Ullens : le procès de Nicolas Ullens débute ce lundi, deux semaines de débats en perspective

Trois ans et demi après les faits, l’affaire Ullens arrive devant la cour d’assises de Nivelles. La première journée, ce lundi, sera consacrée au tirage au sort des jurés populaires. Les débats débuteront véritablement jeudi 24 septembre avec la lecture de l’acte d’accusation par l’avocate générale Laure Wynants.
Un document de quelque 150 pages, qui reviendra en détail sur les circonstances du drame et sur le contexte familial dans lequel il s’est produit.
Au total, 118 témoins sont appelés à la barre. Aucun n’a toutefois assisté directement aux tirs. Le père de l’accusé, le baron Guy Ullens de Schooten, qui se trouvait sur place au moment des faits, est décédé en avril 2025.
Six coups de feu devant la villa familiale
Le 29 mars 2023, Nicolas Ullens, alors âgé de 58 ans, se présente sans prévenir au domicile de son père et de sa belle-mère à Ohain.
Une discussion a lieu entre les deux hommes, notamment autour de la famille et d’un éventuel geste financier ou symbolique du baron en faveur de ses petits-enfants. L’échange est décrit comme calme par l’accusé, mais son père évoquera ensuite une discussion tendue.
Nicolas Ullens quitte ensuite la propriété. Il reste toutefois à proximité du portail.
Quelques minutes plus tard, Guy Ullens et son épouse Myriam Lechien prennent leur voiture pour se rendre à un rendez-vous médical. Selon l’accusation, Nicolas Ullens percute alors leur véhicule avec le sien afin de leur barrer la route.
Il descend de sa voiture et tire à six reprises en direction de sa belle-mère. Myriam Lechien, 70 ans, est mortellement touchée. Elle décède sur place. Son époux est légèrement blessé à la jambe.
Peu après les tirs, Nicolas Ullens se rend de lui-même au commissariat voisin et reconnaît être l’auteur des coups de feu.
La question de la préméditation au cœur du procès
S’il reconnaît les faits depuis ses premières auditions, Nicolas Ullens conteste avoir préparé son geste.
Or, il comparaît pour assassinat, et non pour meurtre. La distinction est importante : l’assassinat suppose que le meurtre ait été commis avec préméditation.
La question de la préméditation devrait donc être l’un des principaux enjeux des deux semaines de procès.
Nicolas Ullens est défendu par Mes Jean-Philippe Mayence et Quentin Mayence. Les parties civiles, la sœur de Myriam Lechien et les deux enfants de la victime, sont représentées par Mes Laurent Kennes, Gilles Vanderbeck, Justine Wayntrub et Marko Obradovic.
Une famille déchirée sur fond de fortune
Derrière les faits, les débats devraient également revenir largement sur les relations au sein de la famille Ullens de Schooten.
Guy Ullens était un homme d’affaires et collectionneur d’art. Sa fortune, constituée notamment à travers ses activités dans plusieurs entreprises et investissements internationaux, avait été estimée à plusieurs milliards d’euros à son apogée.
Les questions d’argent, de succession et de partage des actifs familiaux auraient progressivement contribué à détériorer les relations entre le baron et certains de ses enfants, notamment Nicolas.
Selon la défense, celui-ci aurait également vécu difficilement la place prise par Myriam Lechien et ses enfants auprès de son père. Autrefois très proche de Guy Ullens, Nicolas aurait progressivement eu le sentiment d’être tenu à l’écart.
Ces éléments devront être examinés au cours des débats, sans préjuger de leur portée dans le passage à l’acte.
Un accusé qui comparaîtra libre
Après son arrestation, Nicolas Ullens avait été placé en détention préventive à la prison de Nivelles. En octobre 2023, il avait obtenu de poursuivre cette détention sous surveillance électronique.
La chambre des mises en accusation l’a finalement remis en liberté le 5 mars 2026. Il comparaîtra donc libre devant la cour d’assises de Nivelles.
Le procès, présidé par Pierre Delcour, doit s’étendre sur environ deux semaines.
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