Né à 27 semaines à Marie Curie à Lodelinsart, le petit Leão est un « extrême prématuré » qui a pu rentrer chez lui au bout de 81 jours d’hospitalisation

Un bébé est considéré comme prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines de grossesse. Mais derrière ce terme se cachent des réalités très différentes. « Les prématurés extrêmes sont ceux qui naissent avant 28 semaines. Les grands prématurés naissent entre 28 et 32 semaines », explique Marie-Julie Debuf, néonatologue au Grand Hôpital de Charleroi (GHdC). Viennent ensuite les prématurités plus modérées. Leão, né à 27 semaines et trois jours, entre donc dans la catégorie des prématurés extrêmes.
À l’hôpital Marie Curie de Lodelinsart, le Dr Ismail Sanoussi, pédiatre-néonatologue, travaille dans une unité NIC, pour « Neonatal Intensive Care », soit un service de soins intensifs néonatals. Il en existe 19 agréés en Belgique. Ces services peuvent prendre en charge les bébés les plus fragiles, notamment ceux nés autour de 24, 25 ou 26 semaines, mais aussi des enfants nés à terme présentant d’importantes complications.
Environ 10.000 prématurés chaque année
La prématurité concerne entre 7 et 8 % des naissances en Belgique, soit autour de 10.000 bébés par an, selon le Dr Sanoussi. À Marie Curie, le service accueille environ 400 bébés chaque année, dont une cinquantaine nés avant 32 semaines et pesant moins de 1.500 grammes. Plus un enfant naît tôt, plus ses organes sont immatures et les risques importants. « Au plus l’enfant est petit, au plus ça peut être sévère », résume Marie-Julie Debuf. Les éventuelles séquelles peuvent être respiratoires ou neurologiques, mais aussi concerner les apprentissages, la concentration, l’audition ou la vision.
Les soins sont adaptés à chaque bébé : assistance respiratoire, parfois intubation, administration de surfactant pour les poumons ou encore alimentation par sonde ou perfusion. Une surveillance étroite est également nécessaire, notamment face au risque d’infections.
Mais les progrès de la néonatologie ne reposent pas uniquement sur les machines. La place des parents est devenue essentielle, notamment à travers le peau à peau et leur participation aux soins. Même les bébés intubés peuvent aujourd’hui en bénéficier. « Quand on a un prématuré, c’est toute la famille qui est atteinte. Donc il faut s’occuper de tout le monde », insiste le Dr Sanoussi. Les perspectives se sont également améliorées. « Il y a toujours des enfants avec des séquelles graves, mais ce n’est plus la majorité des grands prématurés », souligne le néonatologue. Une fois sortis de l’hôpital, ces enfants restent néanmoins suivis parfois plusieurs années par différents spécialistes. Car l’objectif ne se limite pas à leur survie. « On n’est pas dans la performance », rappelle le Dr Sanoussi. L’enjeu est de favoriser leur développement et de limiter les complications afin qu’ils puissent, à terme, mener une vie la plus normale possible.
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