Ebola: pour l’OMS, «c’est bien sûr possible de retracer ces fonds» dont la gestion est «floue» selon Africa CDC

Le 14 octobre, Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), indiquait une différence entre les 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par des bailleurs internationaux pour la lutte contre Ebola et les quelques 220 millions dont la gestion a pu être retracée par les autorités congolaises. L’Organisation mondiale de la santé, elle, assure qu’il est « bien sûr possible de retracer ces 700 millions », soulignant travailler avec « Africa CDC, […] le gouvernement de la RDC et les partenaires de la riposte, à travers un mécanisme de suivi financier ».
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C’est une déclaration de Jean Kaseya qui a fait polémique en République démocratique du Congo (RDC). La semaine précédente, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (Africa CDC) a affirmé qu’il y a une différence entre les 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par des bailleurs pour la lutte contre Ebola et les quelques 200 millions dont la gestion a pu être retracée par le gouvernement congolais. Jean Kaseya avait dénoncé un « flou » dans la gestion de ses 700 millions.
En attendant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a répondu aux déclarations de Jean Kaseya du 14 octobre : pour le Docteur Catherine Smallwood, Incident Manager de l’OMS en RDC pour cette riposte Ebola, le travail de traçabilité est en cours et il est évidemment possible pour ses 700 millions comme pour l’ensemble des fonds alloués à la riposte Ebola.
« Ce mécanisme de suivi financier fonctionne »
« C'est bien possible que nous ayons plusieurs bailleurs ou partenaires qui n'aient pas reporté jusqu’à présent l'utilisation de leurs fonds, mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas possible, assure-t-elle au micro de notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi. C'est bien sûr possible de retracer ces 700 millions de fonds. Et aux Nations unies et à l'OMS, on soutient pleinement la transparence et la redevabilité concernant les ressources confiées pour la riposte Ebola ».
Elle poursuit : « L'OMS et Africa CDC travaillent avec le gouvernement de la RDC et les partenaires de la riposte à travers un mécanisme de suivi financier. Ça s'appelle FTM [Financial Tracking Mechanism, une plateforme de suivi financier coordonnée, mise en place par l'OMS, NDLR]. C'est à travers cet outil-là que nous demandons aux partenaires de nous déclarer les fonds qu'ils ont reçus et les taux d'utilisation des fonds qu'ils ont reçus. »
Catherine Smallwood ajoute : « Ce mécanisme fonctionne. Mais nous n'avons pas encore eu toutes les réponses de tous les partenaires sur le terrain. C'est un travail qui est en cours. Depuis ces dernières semaines, on essaie, en partenariat avec le gouvernement, d'accélérer ce processus. »
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Mi-mai, la RDC a déclaré la 17e épidémie de son histoire, la plus meurtrière jusqu’à présent. Le ministère congolais de la Santé a confirmé qu'une huitième province est désormais touchée par Ebola, le Nord-Ubangi, dans le nord-ouest du pays. Sur l'ensemble du pays, le nombre total de cas confirmés est désormais de 9 455, dont 4 561 décès.
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