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Wednesday, October 14, 2026

Trump embourbé dans ses guerres

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Donald Trump avait dit pouvoir régler en quelques heures la guerre entre l’Ukraine et la Russie et avait promis aux Américains de ne plus jamais engager les États-Unis dans des « forever wars », ces conflits prolongés où ses prédécesseurs s’étaient embourbés pendant des années, pour ne pas dire des décennies. Il est sur le point de trébucher dans la même direction.

Mettons au crédit du président la fin de l’occupation américaine en Irak. Les derniers militaires ont quitté fin septembre ce pays après 23 ans sur place. Ils laissent le souvenir d’une invasion en 2003 dont les auteurs, George W. Bush et Tony Blair, n’ont jamais été jugés pour la mort de 500 000 Irakiens. Ils laissent aussi derrière eux un État fragile, divisé, aux mains des partis pro-iraniens, selon le chercheur français Adel Bakawan, auteur du récent ouvrage La décomposition du Moyen-Orient.

Trump est lui aussi entraîné dans le vortex moyen-oriental avec sa guerre illégale contre l’Iran. Il en porte l’entière responsabilité avec son complice, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. Les deux avaient d’abord concocté en 2025 une intervention militaire contre les sites du programme nucléaire iranien qui a duré 12 jours. Ils accusaient l’Iran d’être en mesure de construire des armes nucléaires rapidement, ce que la communauté du renseignement américain contestait avant de se rétracter sous les injonctions de Trump.

En février dernier, les deux complices sont revenus à la charge en élargissant leurs objectifs : neutraliser l’appareil militaire iranien et décapiter le leadership du pays, ce qui a été fait en violation de toutes les règles internationales. Qu’à cela ne tienne, Trump se sentait pousser des ailes après la capture quelques semaines plus tôt du président vénézuélien.

Mais il semble qu’à Washington comme à Jérusalem, on n’ait pas retenu les enseignements de toute guerre : ses conséquences inattendues. Et pourtant, cette guerre avec l’Iran est du type de celles que les États-Unis et Israël ont souvent menées contre des adversaires sous-équipés et parfois considérés comme insignifiants. L’Iran est durement frappé par l’effet des bombardements. Pour autant, il a réussi à allumer des feux un peu partout dans la région de la péninsule arabique. Ces feux ont pour effet de laisser Washington et Jérusalem sans stratégie de sortie, d’élargir le conflit avec l’intervention des Houthis du Yémen et de perturber les économies de toute la planète à cause du renchérissement des prix du pétrole, et donc des carburants.

Comme si cela n’était pas suffisant, l’autre conséquence inattendue de ce conflit a été la remise en cause par les États de la région alignés sur l’Occident de leurs relations de sécurité avec les États-Unis. Depuis des décennies, la présence militaire américaine dans la péninsule arabique et autour de celle-ci assurait la sécurité des régimes en place et celle de l’approvisionnement en hydrocarbures. La résistance exceptionnelle de l’Iran et les hésitations de Washington à venir au secours de ses alliés, en particulier de l’Arabie saoudite, fragilisent ce pacte de sécurité et forcent ces pays à se tourner vers la Russie et la Chine, ou même à développer leur propre système de sécurité, comme l’illustre le pacte militaire récemment conclu entre la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite.

Le conflit est entré dans son huitième mois et certains experts parlent maintenant d’une guerre de basse intensité qui pourrait se prolonger et même durer plusieurs mois, sinon un an ou deux, ce qui risquerait encore de faire grimper les prix du pétrole. Comment en sortir ?

C’est dans cet esprit que Trump a trouvé dans Volodymyr Zelensky le bouc émissaire parfait pour faire oublier l’enlisement américain au Moyen-Orient. Si les prix de l’essence et du diesel augmentent aux États-Unis et dans le monde, c’est la faute du président ukrainien, a-t-il affirmé, visiblement très en colère. Ce n’est pas tout à fait faux. Le bombardement par l’armée ukrainienne des raffineries russes accentue les pénuries de produits raffinés à l’échelle planétaire. D’où l’annonce par Trump d’un accord avec la Russie, permettant à celle-ci de revenir sur le marché des carburants pour faire baisser les prix. Il reste à voir si la manœuvre fonctionnera et si les prix vont vraiment baisser, ce dont doutent les experts.

En même temps, la levée des sanctions sur le diesel russe va permettre à Moscou d’engranger de nouveaux revenus pouvant servir à financer sa guerre contre l’Ukraine. Trump, dont le gouvernement a coupé l’aide financière et militaire à l’Ukraine, se trouve à financer une guerre dont il veut pourtant la fin le plus rapidement possible. La guerre de Joe Biden, disait-il, est devenue la sienne.

Au Moyen-Orient comme en Ukraine, le gouvernement américain est empêtré dans ses contradictions. Il semble réagir au jour le jour, sans stratégie cohérente. Et il n’obtient aucun résultat tangible.

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