Plus de 600 euros de réduction sur le gaz, 450 sur l’électricité : comment les nouvelles règles peuvent vous aider à affronter les prix record de l’énergie

97 euros le mégawattheure. C’est l’effrayant taux atteint par le gaz sur les marchés de gros ce lundi de fin d’octobre. On n’avait jamais de taux si haut en dehors de la courte période d’emballement des prix lors de la crise énergétique de 2022, en conséquence de la guerre en Ukraine.
C’est un record qui tombe au plus mauvais moment, au début de la saison de chauffe, et qui entraîne avec lui des prix pas aussi record mais quand même très élevés de l’électricité.
Alors, comment réagir ? Faut-il se contenter de diminuer sa consommation ? Sans doute mais pas seulement : cela reste un très bon moment pour vérifier ses contrats, d’autant plus avec l’entrée en vigueur le 1er octobre de la nouvelle loi sur les réductions affichées dans les comparateurs…
Un prix record depuis la crise énergétique. © investing.com
Rester en variable ? Un pari plutôt risqué
Si vous avez un contrat variable, vous êtes en train d’encaisser la hausse fulgurante des prix au plus mauvais moment, et peut-être même sans vous en rendre compte. Car votre acompte a été estimé sur base de votre consommation combinée à un tarif purement fictif : quand on signe un contrat variable, on ne signe pas pour un tarif mais pour une FORMULE. Et dans cette formule, le prix sur le marché de gros est prépondérant. Dans un contexte où celui-ci a triplé depuis le début d’année, l’impact sur la facture risque d’être énorme, même si votre fournisseur n’a pas encore adapté votre acompte.
Prenons l’exemple d’un consommateur qui est sous contrat "Basic" de Engie : sur sa facture finale, il paiera les Kwh de gaz consommés en janvier au prix de 3,3 cents. Mais ceux de septembre au prix de 8,5 cents le kWh ! Le prix d’octobre ne sera connu qu’en fin de mois, mais sur base des prix de gros actuels, il pourrait atteindre 9 cents. Et selon les spécialistes, il ne devrait pas (beaucoup) redescendre d’ici la fin de l’hiver. Or, on utilise entre novembre et février 60% de sa consommation annuelle. Comptez donc pour une famille qui se chauffe au gaz 700 euros de différence par rapport à l’estimation initiale, rien que pour la partie gaz.
Comment réagir ?
La bonne nouvelle est que jusqu’au 31 octobre en tout cas, il y a encore moyen de bloquer son tarif à un niveau inférieur à celui-là, et ce notamment grâce aux nouvelles obligations imposées par le gouvernement fédéral aux fournisseurs : depuis ce 1er octobre, les promotions proposées ne peuvent en effet plus être conditionnées à des obligations (de rester un an chez le même fournisseur par exemple, ou de prépayer ses factures), mais doivent s’appliquer dès le premier kWh consommé, et pendant toute la durée du contrat.
En Flandre et en Wallonie, cela permet chez Engie par exemple de bénéficier d’une réduction de 3,1 cents du Kwh et donc d’un tarif fixe de 7,285 cents/kWh, ce qui est bien inférieur aux prix en cours pour des contrats variables. Oui si vous étiez déjà chez Engie, d’une réduction de 1,7 cents chez Eneco, ce qui porte le prix du kWh en contrat fixe 7,37 cents du kWh. (La précision est importante car la réduction n’est en général accordée qu’aux nouveaux clients).
C’est un tarif beaucoup plus cher que celui proposé en début d’année mais ça permet de se protéger des hausses en cours. Et comme les promotions ne sont plus conditionnées au fait d’aller au bout du contrat, vous pourrez, si les prix de gros repartent à la baisse, repasser en contrat variable, plus avantageux lorsque les marchés ne s’emballent pas.
A Bruxelles, par contre, vu le peu de concurrence entre les opérateurs, il y a très peu de promotions proposées. Fixer son prix au niveau élevé des contrats actuels semble présenter moins d’intérêt, sauf si on craint que les marchés ne continuent à s’emballer…
Comment faire ?
© Creg
Pour voir s’il est intéressant pour vous de changer de contrat, il est conseillé de faire un tour sur le CREG Scan. Avant cela, munissez-vous de votre contrat actuel et si possible, de votre dernière facture de décompte. Si votre contrat reste parmi les plus intéressants (ce sera le cas des contrats fixes signés avant avril, par exemple), ne changez rien. Si le CREG Scan vous conseille de changer, allez faire un tour sur le comparateur en ligne certifié comparateur-energie.be et entrez à nouveau vos données.
Les offres les plus alléchantes qui vous seront proposées concerneront probablement des contrats variables, assortis de réductions. Mais prudence, donc : comme expliqué ci-dessus, les prix annoncés sont estimés sur base des derniers indices connus, soit ceux de septembre. Depuis les prix de gros n’ont fait qu’augmenter et les montants sont donc sous-estimés, d’au moins 10% pour octobre par exemple. Et les spécialistes ne prévoient pas d’accalmie immédiate dans un contexte de réserves basses et de concurrence avec la Chine pour s’approvisionner.
Notre conseil serait donc de choisir parmi les contrats fixes les moins chers grâce à l’effet des réductions. Il suffit ensuite de suivre les démarches indiquées par le comparateur. L’avantage est qu’en signant avant la fin du mois d’octobre, vous bénéficierez dès le début de votre nouveau contrat de ces conditions avantageuses alors qu’il est probable que les tarifs vont encore augmenter pour les nouveaux contrats signés après le 1er novembre.
Et pour l’électricité ?
Reprenons à nouveau l’exemple d’un contrat variable Basic chez Engie : le client avec un compteur monohoraire a payé 12,34 cents son kWh d’électricité en février. En septembre, il l’a payé avec le même contrat 20,9 cents. Si les prix de gros restent au même niveau, cela peut faire une différence de près de 500 euros par an.
La bonne nouvelle, pour les Flamands et les Wallons, c’est qu’il existe là aussi une possibilité de fixer son prix à un niveau bien inférieur. Et là, même sans réduction : nouveau venu sur le marché, Energyvision, leader du marché belge des panneaux solaires propose depuis début 2026 des contrats fixes d’électricité au tarif de 13,57 cents le kWh. Au moment de l’introduction de cette offre, elle se situait dans la moyenne du marché. Mais la différence c’est qu’alors que les autres fournisseurs ont tous adapté leurs contrats aux tendances du marché de gros, EnergyVision a conservé son tarif initial, ce qui en fait l’offre la plus intéressante.
Avec le petit jeu des réductions, à nouveau pour la Flandre et la Wallonie, Eneco, Engie et Luminus proposent pour les nouveaux clients des ristournes de respectivement 8, 9 cents et 43% qui aboutissent à une facture comparable. Changer de fournisseur peut donc valoir la peine.
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