Daily MaverickSIGNED AND SEALED: Balti-maul — Springboks win series 3-1 over All Blacks after US victoryESPNOSU stuns No. 6 Oregon, ending 21-game FBS skidThe Jerusalem PostSwedes vote in election that could usher far right into governmentInquirerPolice arrest two DI-linked teens after shootout in MaguindanaoESPN DeportesLa Novena de MLB: La vuelta de Volpe, las Kardashian y la "sugerencia" de PujolsPunchSleeping with earbuds may trigger hearing loss, say ENT specialistsCNN TürkMersin'de otomobil ile hafif ticari aracın çarpıştığı kazada 1 çocuk öldü, 6 kişi yaralandıLa NaciónÚltimas encuestas en Florida: Jolly mantiene la ventaja frente a Donalds y se acerca la elección del 3 de noviembre한겨레북 치고 촛불 ‘후~’…장동혁, ‘올공 100일’ 자축 “우리는 전사”20 Minuten«Ich war im Jugendknast – heute habe ich Familie, ein Haus, Geld»UOLFolha lança portal C-Level e amplia cobertura de negócios e finançasSözcüAKP’ye geçen Bingöl’ün iddiaları Meclis’e geldi
The Daily Newsstand · Free, Always
Sunday, September 13, 2026

À Paris, Céline Dion tangue mais tient bon

Translate

La chanteuse Céline Dion offrait à Paris samedi le 12 septembre le premier de sa série de spectacles fort attendus. Compte-rendu de retrouvailles émues.

Aux premiers instants de son spectacle, Céline Dion est redevenue précisément ce qu’elle s’apprêtait à chanter : une « enfant presque nue » de vulnérabilité.

Silencieuse de long moment devant ses 33 000 admirateurs, Céline Dion est apparue comme écrasée par l’importance de ce nouveau départ pour la suite de sa vie. Elle a entamée les premières notes d’On ne change pas, d’une voix chevrotante et, il faut bien le dire, plus fausse que juste.

Visiblement terrassée par l’angoisse, comme une élève intimidée par une présentation orale, Céline Dion a semblé se battre pendant de longues minutes contre sa chanson. On pouvait sincèrement se demander si, malgré les millions engagés dans cette tournée, la chanteuse allait réussir à se rendre jusqu’au bout.

À la fin de ce qui ressemblait à un exercice d’humilité, l’artiste s’est laissée aller à de longs sanglots, épaulée par un public qui l’applaudissait à tout rompre. « Je m’étais promis de ne pas pleurer… Je ne tiens pas mes promesses », a-t-elle expliqué, péniblement. Difficile de savoir si ces larmes tenaient du soulagement ou de la peur du fiasco, mais elles étaient sûrement, certainement, tellement sincères.

Pour encore une chanson, sur Destin de Jean-Jacques Goldman, Céline Dion a eu toute la misère du monde à s’imposer. Le public était heureusement au rendez-vous pour chanter avec elle, et l’appuyer sur quelques notes manquantes, mais la scène faisait davantage penser à un karaoké de famille qu’à un concert d’envergure internationale.

Fluctuat nec mergitur

Comme pour remercier Paris de l’avoir accueillie avec tant de bonne foi, Céline Dion a donné corps à la devise latine de la capitale française : fluctuat nec mergitur ([le bateau] tangue mais ne se renverse pas).

Céline la revenante a tenu bon, le temps qu’il fallait pour qu’elle reprenne ses couleurs. À sa troisième chanson, Because you loved me, on la sentait déjà plus à l’aise sur scène, quoiqu’encore réservée. À sa quatrième, Encore un soir, écrite à la mort de René Angélil, on pouvait clairement ressentir le deuil qu’elle cherchait à communiquer, et non plus seulement l’angoisse.

Au bout d’une trentaine de minutes, Céline s’amusait à nouveau sur scène. Complètement ragaillardie, elle souriait à son public, se laissait aller à des vocalises et enchaînait les pas de danse, avec l’inconscience attendrissante qui la caractérise. Sa voix avait retrouvé sa force, ses notes étaient redevenues beaucoup plus justes.

Traversée du désert

Outre son courage revenu, Céline Dion a pu compter sur une mise en scène au storytelling attendu, mais limpide. Entre deux chansons, on a pu voir des clips d’elle « traversant le désert » sur des dunes de sable, tantôt seule, tantôt accompagnée d’un chœur gospel qui l’a rejointe sur scène.

La scénographie, imaginée par le Québécois Willo Perron, semblait obéir deux logiques différentes. Sur ses titres les plus connus à l’international, en particulier sur My Heart Will Go On, le public a eu droit à un foisonnement de sons et lumières, un peu too much, manifestement prêt à être livré sur les réseaux sociaux. Sur d’autres, Céline était accompagnée d’un plus petit ensemble, au premier chef de Scott Price, le pianiste québécois qui l’avait accompagné sur la Tour Eiffel, juste derrière elle.

Paradoxalement, justement, plusieurs de ses titres les plus connus à l’international ont laissé le public français, ignorant de ce pan de sa carrière, plutôt silencieux. En anglais, Céline Dion semblait chanter pour les caméras. En français, elle chantait pour ses admirateurs venus la retrouver.

Dans une autre langue, la chanteuse s’est aussi laissée aller à une expérimentation inattendue, mais surprenamment réussie. Dans un moment suspendu, s’avançant sur un promontoire vers la foule, elle s’est livrée à une invraisemblable interprétation d’opéra italien, façon Maria Callas, suscitant le plus gros tonnerre d’applaudissements du spectacle.

« L’opéra, c’était surprenant mais j’ai beaucoup aimé », apprécie Priscilla Lavall, une quinquagénaire croisée à la sortie du concert. « C’est là qu’on a vraiment vu que sa voix avait tenu ».

Mais était-ce sa vraie voix ? Sur certains titres, on pouvait légitimement se demander si la chanteuse poussait réellement de la voix, tant celle-ci avait retrouvé d’un coup de sa prodigieuse exactitude.

Beaucoup plus touchantes étaient les chansons, comme Tout l’or des hommes ou Ziggy, où Céline hésitait encore sur quelques passages, tout en livrant une performance remarquable compte tenu des circonstances.

Pour que tu m’aimes encore

En 6 ans loin de la scène, et affectée par une maladie, Céline Dion a inévitablement vieilli. Sa (vraie) voix n’a plus la force légendaire qu’elle avait, ni sa justesse. Elle est désormais imparfaite, et ne s’améliorera probablement pas.

Pourtant, le public continuera longtemps à affluer à ses spectacles. Céline Dion a réussi à conserver son talent vocal le plus précieux : sa capacité hors-norme à communiquer, chanson après chanson, des émotions qui chamboulent le cœur de son public. Son imperfection nouvelle ne la rend que plus touchante.

Au milieu du concert, Céline Dion a eu sur scène une réflexion remarquablement limpide sur sa nouvelle situation. « J’ai appris à vivre avec cette fragilité. À force de la côtoyer, je l’ai apprivoisée. Et j’ai décidé d’en faire ma force de frappe. »

View the original on Le Devoir

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.