«On veut du changement»: à Nairobi, des milliers de personnes rassemblées à l'appel de l'opposition

Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche dans la capitale kényane, Nairobi, à l'appel d'une figure de l'opposition, une mobilisation dans le calme mais dans un climat politique délétère à moins d'un an de l'élection présidentielle.
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Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix
Au Kenya, opération réussie pour la plateforme d'opposition Linda Mwananchi. Elle a réuni dimanche des dizaines de milliers de personnes, à Nairobi, pour son premier rassemblement dans la capitale. Dans le quartier de Gikomba, l’atmosphère est à la fête.
Sur les toits des voitures qui défilent dans les rues de Nairobi, James Orengo, Babu Owino et Edwin Sifuna, se tiennent la main. Ce dernier, sénateur de Nairobi, est la figure montante de Linda Mwananchi. « Quand ils sont passés, la foule était compacte, c'était joyeux. Les gens chantaient et dansaient. Ca me rend heureux car ce sont de ces gens dont nous avons besoin pour gouverner », raconte Chaban Rajab, moto-taxi.
Après le passage du cortège de Linda Mwananchi, Otieno, vendeur de rue, ne cache pas sa joie : « À 6h du matin, j'étais ici à attendre Sifuna. On doit montrer au président Ruto qu'on est là pour Sifuna. Pour ses rassemblements, Ruto paye les gens pour venir mais Sifuna, on croit en lui. On veut du changement et croyez-moi, en 2027, il y en aura ».
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Le cortège de Linda Mwananchi poursuit sa parade. Sur les côtés, de nombreux policiers en arme. Mais la situation reste calme. Un soulagement pour Leon Opio, lycéen : « Aujourd'hui, on avait peur de la police mais finalement elle était avec nous. Auparavant, des gens ont déjà essayé de perturber nos rassemblements. Ceux au pouvoir sont arrogants et se croient au-dessus des lois et des gens. Au Kenya, chacun doit avoir sa chance ». Le dernier rassemblement de Linda Mwananchi, à Oma Bay, dans l’Ouest du pays, en août, avait été perturbé par des casseurs et la police. Quatre personnes avaient été tuées.
« Wantam »
Mais cette fois-ci, c'est bel et bien une véritable démonstration de force qu'a réussi la plateforme d'opposition Linda Mwananchi en rassemblant plusieurs milliers de personnes à Nairobi. Linda Ogweno, militante de Linda Mwananchi, ne s’inquiète pas de voir trop de crocodiles dans le même marigot: « Ce n'est pas un problème du tout ,c'est un espace démocratique. Babu a du talent pour mobiliser, Sifuna est charismatique, Orengo a de l'expérience. On pense qu'ils sauront s'unir le moment venu pour choisir la bonne personne ».
Dans la foule, c'est bien le nom de Sifuna qui s’impose rapidement, le dissident du parti d’opposition historique ODM, le Parti démocratique orange. « On est tous unis derrière Sifuna car il est jeune, comme nous. Au Kenya, on a besoin de changement, lors des élections précédentes, il n'y avait que des vieux candidats et des vieux partis », ajoute-t-elle.
Du sang neuf dont le programme politique se résume pour l’heure en quelques mots : « William Ruto, tu t'apprêtes à devenir le premier président de la République du Kenya à n'avoir fait qu'un seul mandat », a-t-il scandé face à la foule. « One term », soit « un mandat ». Ce slogan politique est devenu tellement populaire qu’il a donné lieu à la création d’un mot en sheng, l’argot de Nairobi : « Wantam », source d’inspiration de bien des chansons.
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