Liège : le bourgmestre Willy Demeyer défend l’interdiction de rassemblement et annonce 327 arrestations

Le conseil est appelé à confirmer l’ordonnance prise le 7 octobre, après plusieurs journées de troubles dans le contexte des mobilisations étudiantes contre les mesures gouvernementales. Évoquant des violences croissantes ayant culminé avec des scènes d’émeutes et de pillage, le bourgmestre a défendu une réponse "proportionnelle et graduelle". L’interdiction visait à empêcher la constitution de groupes de plusieurs centaines de personnes. "Force est de constater que cela a fonctionné", a-t-il affirmé. Les dégâts au mobilier communal sont évalués à 200.000 euros, soit l’équivalent du budget annuel consacré à ce poste, hors dommages aux équipements de JCDecaux et Letec. Dix véhicules de police ont également été endommagés, selon le bilan présenté.
Réactions des élus
Caroline Saal, cheffe de groupe Vert Ardent, a demandé des réponses aux témoignages faisant état de pratiques policières abusives. Elle a notamment interrogé l’utilisation des gaz lacrymogènes et des autopompes, évoquant les conséquences pour les mineurs et les passants. Elle a également réclamé un guichet unique pour accompagner les commerces touchés.
Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB, a dénoncé l’insuffisance des réponses politiques aux revendications des jeunes, notamment en matière de transports en commun, et appelé à les écouter. Diana Nikolic, cheffe de groupe MR, a exprimé son soutien aux forces de l’ordre et au bourgmestre.
Le conseiller communal PS + François Schreuer a également demandé des éclaircissements sur plusieurs faits rapportés, dont la non-information de parents de mineurs arrêtés, des refus d’accès à un médecin et de possibles contrôles au faciès. Il a insisté sur les revendications étudiantes et la "maturité" des jeunes rencontrés, estimant que les violences ne pouvaient justifier de ne pas les écouter. Il a aussi dénoncé le manque de dialogue des gouvernements face aux inquiétudes concernant l’accès aux études, au logement et aux services publics.
Willy Demeyer a, lui, regretté que des personnes étrangères aux troubles aient pu être touchées et s’est engagé à recevoir celles contestant les conditions de leur interpellation. Reconnaissant que la confrontation avec la police pouvait être traumatisante, il a toutefois assumé les décisions prises.
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