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Friday, October 23, 2026

Manifestations en France: un «acte II» sous haute surveillance, les manifestants entre peur et détermination

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Une nouvelle manifestation nationale est prévue samedi 24 octobre en France, mais par peur des débordements de la semaine précédente, le gouvernement et les préfectures ont pris des mesures fortes. Interdictions de manifester à Lyon, Toulon, Rouen et au Mans. Un dispositif policier massif, et surtout le déploiement des militaires Sentinelle pour sécuriser certains sites, de quoi refroidir ou du moins inquiéter certains manifestants.

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Sur la place de la République, théâtre de la manifestation de samedi dernier, deux lycéens discutent de la prochaine à venir. Félix a l'habitude des manifestations, Eva un peu moins. « Tout ce que je vois sur les réseaux, ce qu'il me raconte, lui, j'ai pas forcément envie d'y aller parce qu'ils font peur, en soi. » Elle parle des policiers. Félix, ça ne l'inquiète pas plus que ça. En revanche, « si je sais qu'il y a l'armée, moi je sors pas. Mais il y a des gens, je pense que ça va les motiver encore plus, sortir et encore plus se faire entendre », présume-t-il.

Et justement, pour Jules, étudiant en première année à la fac, l'arrivée des militaires est presque une bonne nouvelle. « L'armée, ce n'est pas ce qui fait peur. Ceux qui font peur, c'est la police. Ceux qui tapent, c'est la police. L'institution qui fait du mal à la population, c'est la police et l'armée, elle est là pour faire peur mais elle va pas nous tirer dessus, elle va pas nous taper, elle ne va pas nous gazer », soutient-il.

Dili n'a raté aucun blocus, aucune manifestation depuis que le mouvement lycéen a commencé. Elle a eu peur à chaque fois, mais hors de question de ne pas y aller.

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Dispositif renforcé, manifestations interdites

Quelque 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés dans toute la France. C’est 10 000 de plus que le week-end dernier. À Paris, un seul cortège est autorisé, mais l’intersyndicale qui organise la manifestation dénonce un changement de parcours inacceptable imposé ce vendredi par la préfecture très loin du centre-ville. Par crainte de violences et de pillages, le préfet de police de la capitale demande aux commerçants d’engager, s’ils le peuvent, des agents de sécurité privée.

À Marseille, une manifestation est finalement autorisée, alors que ce jeudi, la préfecture avait interdit tout rassemblement. À Lyon, c’est le centre-ville qui sera totalement interdit aux manifestants. Des agents de sécurité privée seront déployés en plus des forces de police et de gendarmerie.

Mais l’autre point de tension attendu se situe au sud de Paris, à Orléans. La ville accueille le congrès du Rassemblement national, parti d’extrême droite. Entre 20 et 30 000 militants anti-RN sont attendus ce samedi. Le parcours de leur manifestation, qui devait passer par le centre-ville, a été modifié. En visite à Orléans ce vendredi soir, le ministre de l’Intérieur a appelé à concilier deux libertés : celle de manifester et celle d’organiser des réunions politiques.

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L'exécutif en ordre de bataille

L'exécutif entend montrer qu'il est en ordre de bataille à quelques heures d'une nouvelle mobilisation. La priorité, c'est de « rétablir l'ordre » et « montrer que l'État est là », affirmait jeudi 22 octobre un conseiller de l'exécutif, avec un président « tout à sa tâche » dans la gestion de cette crise. D’un côté, le dialogue, après avoir reçu à l'élysée des représentants d'organisations lycéennes de l’autre, la fermeté.

Après les critiques sur l'inaction du gouvernement, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez l'assure : cette fois, l'État est prêt. « On est prêts à être extrêmement réactifs, extrêmement fermes et on ne laissera absolument rien passer ». Le ministre de l'Intérieur affiche également une grande fermeté à l'égard des auteurs d'infractions : « On sera intraitables avec les casseurs, les pilleurs et avec tous ceux qui iront commettre des exactions. » 

Laurent Nunez était hier à Limoges, où la mairie a été incendiée le week-end dernier. Le gouvernement entend montrer qu'il est à la manœuvre : Emmanuel Macron, qui devait se rendre la semaine prochaine au Nigeria et au Sénégal, restera finalement en France. De quoi essuyer le revers des critiques après le 17 octobre. Le chef de l'État ayant été vivement critiqué pour son absence lors de son déplacement dans les pays du golfe Persique.

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