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Friday, October 2, 2026

Israël courtise l’extrême droite européenne, gagnant des soutiens, mais créant le malaise

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Confronté à un isolement croissant sur la scène internationale, le gouvernement israélien développe sa proximité avec l’extrême droite européenne, malgré l’héritage antisémite de certains partis.

Face aux critiques contre sa conduite de la guerre à Gaza, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou accuse ses détracteurs d’attiser la haine contre les juifs, tout en se montrant très conciliant avec les responsables politiques lui apportant son soutien.

Après les révélations par le site français Mediapart d’écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du parti d’extrême droite Rassemblement national, le ministre israélien chargé de la Lutte contre l’antisémitisme a volé à son secours.

M. Bardella, pressenti pour devenir premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle française de 2027, « est l’une des voix les plus claires en Europe contre le Hamas », a écrit sur X Amichaï Chikli.

Il a rappelé que le Français s’était rendu sur des sites de l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le mouvement islamiste palestinien, qui a provoqué la guerre dévastatrice de Gaza.

Le gouvernement Nétanyahou, l’un des plus à droite de l’histoire du pays, a aussi entrepris de normaliser ses relations en Autriche avec le parti de la Liberté (FPÖ), fondé par d’anciens nazis.

« Certificat casher »

Les responsables israéliens ont également courtisé des leaders d’extrême droite en Suède, Espagne et Royaume-Uni, au nom de préoccupations communes envers l’islam et l’immigration.

Et Israël a procédé à un revirement majeur de son positionnement diplomatique en Amérique latine après l’élection de dirigeants pro-israéliens issus de la droite dure en Argentine et Colombie.

Seule l’extrême droite allemande et son parti AfD restent pour l’heure maintenus à l’écart de cette évolution stratégique.

Selon Jeremy Issacharoff, ambassadeur d’Israël à Berlin entre 2017 et 2022, des partis européens d’extrême droite tentent d’obtenir « une sorte de certificat casher » pour se démarquer de leur passé antisémite, qui reste un héritage toxique aux yeux de l’électorat modéré.

« Je vois bien le profit qu’ils peuvent en tirer. Mais pour Israël, je ne vois rien d’autre qu’une atteinte à ses valeurs et à sa réputation à l’international », affirme-t-il à l’AFP.

Israël devrait plutôt, selon lui, mesurer l’impact de ce soutien sur les communautés juives des pays concernés, notamment en France et en Autriche.

Au Royaume-Uni, des responsables juifs s’étaient émus de la visite du provocateur d’extrême droite Tommy Robinson en Israël, où ses positions anti-islam avaient été saluées.

« Étiquetés »

Les responsables israéliens usent aussi d’un langage de moins en moins diplomatique à l’égard des dirigeants occidentaux critiquant Israël.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a ainsi récemment appelé le dirigeant du parti britannique d’extrême droite Reform Party à exprimer son opposition aux sanctions imposées par le gouvernement travailliste sur les produits importés de colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.

Des ministres ont aussi dénigré le chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, fils de réfugiés juifs et défenseur des sanctions.

Selon Azriel Bermant, chercheur associé à l’Institut des relations internationales de Prague, le rapprochement de Benjamin Nétanyahou avec l’extrême droite vise également à empêcher un consensus européen face à son pays.

Il cite en exemple les liens noués entre M. Nétanyahou et Viktor Orban, jusqu’à la défaite électorale de ce dernier en avril.

Pendant des années, l’ex-premier ministre hongrois a fermement soutenu Israël et bloqué des mesures de l’UE, tout en multipliant les clichés antisémites contre le milliardaire et philanthrope américain George Soros.

Le chercheur s’attend à ce que la position d’Israël évolue si la coalition Nétanyahou perd les législatives du 27 octobre.

Ses rivaux devraient certes ne pas rompre les ponts avec des personnalités comme Marine Le Pen, susceptibles d’accéder au pouvoir, mais sans associer Israël à l’extrême droite, analyse-t-il.

Interrogé par l’AFP, un ancien ambassadeur d’Israël en Europe estime qu’Israël devrait faire preuve de plus de pragmatisme et de retenue envers les personnalités clivantes.

« Un jour, ces gouvernements vont rebasculer de droite à gauche, ou inversement. Et si vous vous êtes ralliés à l’extrême droite, vous êtes étiquetés d’une certaine manière », prévient-il, sous couvert de l’anonymat.

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