Sous les drapeaux de la Marché des fiertés à Paris, l'inquiétude face à la montée de l'extrême droite

Ce samedi 3 octobre, la Marche des fiertés de Paris a beau avoir retrouvé ses couleurs et sa foule après son report pour canicule en juin dernier, beaucoup de manifestants ne cachent pas leur angoisse. À six mois de la présidentielle, la montée de l'extrême droite fait craindre un recul des droits LGBT+.
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Plusieurs dizaines de milliers de personnes, drapeau arc-en-ciel en main et colliers de fleurs autour du cou, ont défilé dans une ambiance festive ce samedi 3 octobre à Paris pour défendre les droits des personnes LGBT+, inquiètes face à la montée de l'extrême droite. L'ambiance est festive, à Paris, place d'Italie, mais les inquiétudes sont bien là.
« Dans la lutte et maintenant dans la marche, aux urnes citoyens et citoyennes ! », a harangué avant le top départ du cortège Alexandre Schon, coprésident de l'Inter-LGBT, qui rassemble une cinquantaine d'associations et organise la manifestation parisienne. « Notre colère doit se transformer en victoire, car les discours de haine et de discrimination se multiplient envers les personnes trans, de même sexe et les travailleuses du sexe », a-t-il déclaré.
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Augmentation des actes et propos LGBTphobes
Eugène, 40 ans, est conseiller d'action sociale. Habitué de l'événement, il souligne également l'augmentation de la LGBTphobie. « J'y viens tous les ans depuis une vingtaine d'années et j'avoue que ce qui m'a motivé, c'est principalement l'augmentation des actes et des paroles LGBTphobes exponentielle d'année en année – qui est quand même assez puant, dirons-nous –, avec l'extrême droite qui monte de plus en plus et pas qu'au niveau national, au niveau international avec un recul des droits, surtout les personnes trans qui souffrent énormément », explique le quadragénaire.
Alors que la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, est la favorite des sondages pour l'élection présidentielle de 2027, nombreux étaient les participants à brandir des pancartes ou slogans politiques comme « Ces fachos me font chier », « Fuck RN », « - de RN + de lesbiennes ».
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« Tout peut changer »
Jeanne, étudiante de 22 ans, pense elle aussi à la présidentielle. « Là, il faut bien voter en 2027. Il y a beaucoup, beaucoup de pistes d'amélioration, mais il y a tout autant de pistes de diminution des droits, etc. qui sont tout à fait faciles aussi à enlever », souligne l'étudiante. « Tout peut changer de toute façon. C'est le cas pour tout : on parle de la communauté queer, mais c'est aussi la communauté des personnes féminines, des personnes racisées. Et la Pride ne parle pas que des personnes queer, elle parle de toutes les personnes issues des minorités en général », soutient-elle.
Dans le cortège, la présence de nombreuses personnalités politiques de gauche comme le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, ou la députée écologiste Sandrine Rousseau.
Les marches des fiertés sont organisées localement par des associations partout en France, souvent en juin, en lien avec les émeutes de Stonewall, mobilisation fondatrice du mouvement LGBT+, qui a eu lieu dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, à New York. L'an dernier, la manifestation parisienne avait rassemblé 500 000 participants selon les organisateurs, moins de 100 000 selon la police.
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