"Ce soutien est crucial" : la recherche et l’innovation, une niche fiscale belge qui booste le secteur pharmaceutique et médical

C’était la douche froide pour les travailleurs de GSK ce mercredi 14 octobre. La question n’était pas de savoir s’il y aurait des pertes d’emplois mais combien ? Et finalement, le couperet est tombé après un conseil d’entreprise extraordinaire : 1217 emplois vont être supprimés sur les deux sites belges de l’entreprise, à Wavre et Rixensart.
Pourtant, malgré ce contexte, GSK n’a pas l’intention de fermer ses sites en Wallonie. L’entreprise pharmaceutique basée à Londres continue d’investir dans la recherche et le développement, notamment en raison des avantages fiscaux que propose la Belgique, dont certains spécifiques au secteur de la pharmacie, de la chimie et du médical. Ces aides attirent d’ailleurs d’autres entreprises et multinationales.
Dans les locaux de Monnet Innovation Center, à Louvain-La-Neuve, des chercheurs de neuroClues bénéficient d’aides de la région qui leur ont permis de développer un instrument qui peut aider les neurologues dans l’examen des patients. Commencée il y a six ans, la recherche autour du produit est arrivée à son terme, avec sa commercialisation au bout du tunnel pour les 20 personnes travaillant autour du projet. "Clairement, aujourd’hui, on ne serait pas là si on n’avait pas eu ces aides", avoue Antoine Pouppez, directeur général et cofondateur de la start-up.
"Ce sont des éléments critiques dans le lancement d’une société encore plus dans le lancement des sociétés comme les nôtres, où on a, ce qu’on appelle, une vallée de la mort, où pendant plusieurs années, on va devoir développer la solution sans pouvoir la vendre, sans avoir de clients, sans avoir de rentrée. Et donc tout ce soutien via ces différentes aides est crucial, en tout cas en Europe".
La Belgique, une niche fiscale pour la recherche
Grâce à ces aides fiscales, la Belgique offre des possibilités pour le secteur de la recherche et du développement qui attirent des entreprises étrangères ou aident des start-up à se lancer. Des aides qui vont favoriser la compétitivité des entreprises et favoriser le coût de l’emploi, comme l’explique Nadia Riahi, avocate en droit du travail : "Comme on le sait, la fiscalité sur le travail en Belgique est extrêmement forte. Il y a pas mal de mesures qui vont aider les employeurs à ce que le coût du travail soit moins cher. Je pense notamment dans ce cas-ci à des dispenses de versement de précomptes professionnels pour la recherche et le développement, pour le travail de nuit, pour le travail en équipe successive".
En 2023, année des dernières statistiques disponibles, le cadeau fiscal aux entreprises s’est élevé à un milliard et demi en Belgique, et deux milliards pour l’année 2019.
Pour ce directeur financier d’une entreprise active dans la chimie, ces aides permettent d’embaucher des talents et gagner du temps : "Ce côté niche fiscale, ça nous a permis d’engager des chercheurs", précise Jean Thomas de Dobbeleer, directeur financier de Chemium. "On est à côté de l’université ici, on a des doctorants qui travaillent pour nous. Par rapport à l’aide régionale qu’on a reçue, par exemple au niveau régional, ça nous a fait certainement gagner entre 12 et 24 mois de recherche".
Dans ce parc de Louvain-la-Neuve, c’est tout un écosystème qui a, ainsi, pu grandir.
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