Le gouvernement Carney donne son appui au projet de TGV entre Calgary et Edmonton

(Ottawa) Le gouvernement Carney croit que le train à grande vitesse doit être la pierre angulaire du transport collectif au pays. Et après le projet de construction d’un TGV entre Québec et Toronto, il met tout son poids dans la balance pour appuyer le projet d’un TGV entre Calgary et Edmonton.
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Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a confirmé qu’Ottawa entend soumettre la construction d’un TGV entre les deux grandes villes de l’Alberta au Bureau des grands projets pour être évalué, comme cela a été fait dans le cas du projet de construction d’un TGV entre Québec et Toronto – un projet ambitieux de quelque 1000 kilomètres mené par la société d’État Alto.
« Le train à grande vitesse recèle un immense potentiel pour transformer les modes de déplacement au Canada », a affirmé le ministre dans une déclaration écrite, saluant au passage la collaboration entre Ottawa et l’Alberta pour réaliser ce projet qui, selon lui, va soutenir « la croissance économique, la productivité et la connectivité régionale » de la province.
Le projet albertain – un tracé de 350 kilomètres – inclurait également des liens jusqu’aux aéroports de Calgary et d’Edmonton et comprendrait un arrêt à Red Deer. Le gouvernement de l’Alberta entend lancer cet automne un appel d’offres et prévoit choisir au printemps 2027 l’entreprise qui devrait mener ce projet à bon port dans la province.
Si un échéancier et un cadre financier n’ont pas encore été avancés, la première ministre Danielle Smith estime qu’un tel projet pourrait être réalisé d’ici 2035.
Selon les projections de croissance démographique, la population vivant dans le corridor entre Calgary et Edmonton devrait doubler d’ici 60 ans, passant de 3,7 millions d’habitants à 8,1 millions d’habitants dans une province qui devrait en compter environ 10 millions. Pour l’heure, l’injection de fonds publics dans ce projet n’a pas encore été confirmé.
« Relier Calgary, Red Deer et Edmonton au moyen d’un train à grande vitesse serait un investissement générationnel dans l’avenir de l’Alberta », a affirmé la première ministre Smith, ajoutant que ce projet permettra de « renforcer l’un des corridors économiques les plus dynamiques du Canada et de soutenir la croissance de l’Alberta pour les décennies à venir. »
Des sources gouvernementales ont indiqué que la société Alto pourrait être en mesure de partager son expertise avec la province de l’Alberta pour la réalisation d’un projet d’un TGV. D’une certaine manière, le projet albertain pourrait être moins controversé étant donné que la province détient des droits de passage sur une portion du corridor reliant Calgary et Edmonton.
Dans l’est du pays, le projet, qui doit relier les villes de Québec et de Toronto par une voie ferroviaire électrifiée de 1000 kilomètres exclusivement réservée aux TGV, soulève la grogne des agriculteurs du Québec et de l’est de l’Ontario. Le projet doit inclure des arrêts dans les villes de Trois-Rivières, Montréal, Laval, Ottawa, Kingston et Peterborough.
Ce projet a été un enjeu durant la campagne électorale au Québec. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, et le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, ont indiqué qu’ils s’y opposent même s’il s’agit d’un projet entièrement financé par Ottawa. Sur la scène fédérale, le Parti conservateur et le Bloc québécois ont aussi signifié leur opposition.
Rappelons qu’un TGV – un projet que plusieurs caressent depuis plus de 40 ans au Québec et en Ontario-permettrait de faire la liaison Montréal-Toronto en trois heures environ, celle de Montréal-Québec en 90 minutes et le trajet Montréal-Ottawa en environ 60 minutes. Le coût du projet pourrait friser les 90 milliards de dollars.
Cet automne, Alto doit dévoiler le tracé du segment entre Ottawa et Montréal. Jeudi, la directrice parlementaire du budget doit dévoiler une analyse des coûts du TGV du corridor de l’est du pays en utilisant des données d’autres projets réalisés ailleurs dans le monde.
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