The Daily Newsstand · Free, Always
Sunday, September 27, 2026

PSPP défend une loi sur la laïcité caquiste que Fréchette désavoue aujourd’hui

Translate

Un an après son adoption, la loi 94 visant « à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation » s’invite à des épluchettes de blés d’Inde — et dans la campagne électorale. Face au désarroi de mères bénévoles devenues persona non grata dans les fêtes scolaires de leur enfant en raison de leur hidjab, la cheffe de la CAQ a désavoué la loi adoptée par son gouvernement au contraire de son adversaire péquiste, qui, lui, défend son application.

C’est le cri d’une mère lancé qui a obligé les partis, dimanche, à se prononcer sur l’étendue de la loi 94. Dans un message écrit le 17 septembre dernier sur Facebook, Joanne Codère s’indigne que l’épluchette de blés d’Inde annuelle organisée par l’école de ses enfants, située dans un quartier de Montréal « à prédominance maghrébine », exclut les femmes voilées qui souhaitent donner un coup de pouce.

« Ce courriel me dit que moi, si je le veux, je peux aller aider des enfants à éplucher du maïs à l’école de ma fille, dénonce-t-elle dans la publication. Mais la maman de ‘’M’’ qui fait du bénévolat à l’école depuis la maternelle de ma fille, elle ne peut pas. En fait, oui elle peut, mais à condition qu’elle renie ses croyances et ses coutumes. »

Dans une chronique parue dimanche, La Presse a relaté la colère de cette mère, mais aussi l’inconfort ressenti par d’autres parents et par certaines directions d’école ailleurs au Québec, devant une loi qui, selon Joanne Codère, « engendre des situations d’exclusion » dans des écoles qui se veulent, au contraire, inclusives.

Adoptée dans la foulée des dérives rapportées à l’école primaire Bedford de Montréal, la loi 94 « élargit l’interdiction de porter un signe religieux aux membres du personnel d’un centre de services scolaire ainsi qu’aux personnes qui fournissent des services conformément à un contrat autre qu’un contrat de travail dans certaines circonstances. »

Son application s’étend jusqu’aux parents qui font du bénévolat dans un établissement scolaire, une portée contraire à l’esprit original de la loi pour Christine Fréchette.

« L’objectif initial, c’était d’établir des règles pour [les personnes] qui ont un lien d’autorité par rapport aux enfants, a expliqué la cheffe de la CAQ. Ça touche le programme pédagogique. Donc, je vais aller aux informations pour ce qui est de l’application de nos règles relativement [sic] à cette situation. Je vais faire la lumière là-dessus. »

Un bénévole est en position d’autorité, selon PSPP

Le chef du Parti québécois s’est, lui, retrouvé à défendre la loi adoptée en 2025 par la Coalition avenir Québec. À Granby, il a invité les parents bénévoles souhaitant participer à une activité scolaire à tout simplement retirer leur signe religieux.

« La personne adulte bénévole demeure une personne en autorité », a-t-il dit.

« Il y a des endroits où, pour maintenir la confiance de tout le monde, on accepte de le retirer [son signe religieux]. Ce n’est pas la fin du monde, on le remet après, là », a-t-il ajouté en conférence de presse, quelques minutes après avoir présenté les mesures de laïcité qu’il souhaite appliquer s’il est élu le 5 octobre.

Tel qu’il l’avait annoncé dans le passé, un gouvernement péquiste déposerait une loi interdisant aux élèves du primaire le port de signes religieux « ostensibles ». Ce terme, utilisé dans le cadre législatif français, signifie « que l’on ne cache pas, qui est fait avec l’intention d’être vu », selon le dictionnaire Larousse en ligne.

Après le point de presse, l’équipe du PQ a précisé qu’elle faisait allusion aux tenues et aux signes dont le « port conduit à se faire reconnaître immédiatement par son appartenance religieuse ».

« Si un signe peut être dissimulé, peut être discret, moi, je suis de l’école de laisser quand même un peu de jeu », a expliqué Paul St-Pierre Plamondon.

Sans référer à des exemples précis, il a justifié sa position en citant des « enjeux réels » d’« enfants qui arrivent tous vêtus de signes religieux » dans les écoles primaires. « Et de toute façon, c’est un principe qui s’applique peu importe si, dans une région ou dans une autre, c’est un enjeu documenté », a-t-il ajouté.

Le candidat au poste de premier ministre a aussi dit vouloir cesser le financement des écoles « qui bénéficient du crédit d’impôt à titre d’organisme religieux ».

« Ça implique de faire le ménage, parce qu’en ce moment, la catégorie fiscale d’école religieuse regroupe des écoles qui ne sont pas religieuses, mais qui se sont enregistrées tel quel », a-t-il souligné, promettant de maintenir le versement de fonds publics aux établissements qui « suivent le programme du ministère de l’Éducation ».

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.